Musée Calvet. ms
2. On verra dans la suite que sous ce rapport le chevalier ne tenait point d'elle mais de son père.
chez elle, qu'elle avait de l'esprit et du savoir. Avec tout le reste c'était une femme ordinaire. »
A ce sujet, on rapporte d'elle une anecdote charmante. Un bel esprit de profession étant allé la voir un jour pour faire assaut de conversation et la jauger, elle affecta de l'entretenir uniquement de questions de ménage. L'autre en fut piqué et ne put s'empêcher de lui dire, en prenant congé, qu'elle ne lui avait parlé que de bagatelles. A quoi elle répondit :
« Je suis une femme, monsieur ; je vous ai parlé ma langue. »
Cette personne supérieure fut en somme le bon génie de son mari et de ses enfants, et il sera intéressant, dans le cours de l'existence du chevalier, tantôt emporté par une activité qui s'épuisa en se disséminant, et tantôt appliqué aux études les plus spéciales et les plus étendues, d'apercevoir alternativement les marques ataviques du père et de la mère. Chez les frères du chevalier cette dualité est moins facile à distinguer à cause du caractère ecclésiastique de deux d'entre eux et par suite de l'obscurité du troisième.
xMais avant de passer à cette génération, il faut jeter un dernier regard sur la famille dont le chevalier abandonna très jeune le calme foyer pour courir les aventures et risquer sa vie contre la chance... d'acquérir la gloire.
En 1682, Jérôme Folard, voyant ses clients s'éloigner de plus en plus, jugea nécessaire de changer de carrière et se fit agréer au corps de l'Université. Peu de temps après il fut nommé « professeur en droit ». « Cet emploi lui convenait de toutes les manières ^ », et les premiers discours qu'il prononça, lors de son entrée en fonctions, furent acclamés.
Seulement, comme tous les hommes de réel talent, il fit des jaloux et fut l'objet d'attaques qui pouvaient paraître mordantes à cette époque, mais dont la postérité a fait justice en les classant au rang des méchancetés burlesques. Témoin cette phrase d'un rival de notre homme :