Voltaire, Histoire de Charles XII
2. Correspondance du baron de Goertz. Arch. du royaume de Suède.
5. Stanislas Poniatowski, général polonais. Il avait sauvé Charles XII à Pultavaet à Rugen et était l'un de ses agents diplomatiques les plus actifs.
4. Cette lettre est écrite de Paris en février 1718 — et si nous anticipons sur ce point c'est pour montrer tout de suite le rôle important et secret que Folard eut à jouer dans les intrigues nouées avec Alberoni. avant que Cellamare n'en vint à préparer le coup monté contre le Régent. Il est certain qu'à ce moment le dévouement du chevalier pour le duc d'Orléans le fit mettre à Técart du com^plot.
5. Il ne faut pas oublier que Alberoni, fils d'un jardinier de Firenzuola (près de Plaisance), devait sa fortune au duc de Vendôme qui l'avait ramené en France et conduit plus tard en Espagne. Folard et lui se connaissaient donc de longue date.
LE CHEVALIER DE FOLARD l8=,
quelque secours de ma petite intelligence. Il ne m'est pas permis de m'expliquer davantage.
M. le duc Régent m'a très bien reçu ; il m'a fait l'honneur de me dire qu'il y a longtemps qu'il aurait dû me faire du bien et que j'en verrais bientôt les efforts.
Ce passage ainsi que plusieurs autres de la correspondance de Folard permettent d'affirmer que le chevalier occupa, momentanément du moins, une situation diplomatique et militaire importante auprès de Charles XII.
Celui-ci, pour le moment (1716), semblait négliger l'Europe et ses propres Etats pour s'appliquer à la conquête de la Norvège, et de ce côté la fortune lui devenait de nouveau favorable. Pour le reste, il s'en rapportait à ses agents diplomatiques ; et, en réalité, le travail de ceux-ci était formidable. Goertz menait campagne en tous royaumes sans autres forces que ses intrigues et il traitait avec les princes du ton autoritaire d'un général victorieux, tant le génie militaire de Charles XII, même de loin, semblait encore redoutable K
Malheureusement, en Angleterre, la conspiration en faveur du fils de Jacques II avait été découverte (février 1717). Gylembourg, l'ambassadeur de Suède à Londres, ayant été arrêté, on avait trouvé dans ses papiers trois lettres de Goertz qui ne laissaient aucun doute sur la complicité de la Suède.
Ce contretemps eut pourtant une heureuse répercussion, en ce sens que les vaisseaux anglais qui se trouvaient dans la mer Baltique reçurent l'ordre de revenir dans les ports d'Angleterre - pour être employés selon les nécessités.
On put alors sortir un peu plus librement de Suède en bateau et c'est à ce moment que se place un des incidents les plus lamentables de l'existence de Folard, dont la vie fut alors, une fois de plus, en danger.