Il s'agissait très probablement d'une hernie
pas agréables au Roi, Sa Majesté ayant accordé le grade de colonel à un Français arrivé en même temps que moi^, qui, à parler franchement, n'a que des services très médiocres... J'ai toujours cru, Monsieur, que quelqu'un m'avait calomnié, car la calomnie est toujours compagne des gens de bien...
Ainsi en Suède de même qu'en France, la Cour, voire l'armée n'étaient pas à Tabri des intrigues sournoises; et, si les femmes en étaient bannies par les circonstances comme aussi par les goûts de Charles XII, la médisance et la calomnie allaient leur train. Il faut dire pourtant qu'en l'espèce Folard s'était en partie trompé, non pas en ce qui concernait la tentative dirigée contre lui mais touchant l'impression qu'elle avait produite sur l'esprit du roi. Il s'en aperçût la veille de son départ en allant prendre congé du prince qui lui donna les marques les plus certaines de son estime et de son amitié '\ et l'engagea à revenir quand il le pourrait.
Folard reconnut alors que son erreur provenait de ce qu'il avait ajouté foi trop facilement à des propos intéressés et il comprit qu'il avait été joué par des jaloux peu véridiques, désireux de lui voir quitter la place. Malheureusement, il était trop tard pour renoncer au départ ; de plus, la médiocrité des chirurgiens suédois faisait peur au chevalier qui tenait à se mettre entre les mains d'un Français.
Il s'embarqua donc à Gothembourg^ au commencement de novembre sur un bateau appartenant à M. Hogguer*. Il emportait avec lui tous ses papiers et tous ses bagages, car jusqu'à la suprême entrevue si cordiale avec Charles XII il n'avait conçu aucun espoir de retour. Sur le même bateau partaient un certain M. Fourberg, le