I. Arch. du royaume de Suède. Lettre au baron de Goertz
Mais, hélas î d'autres lettres désobligeantes ou fielleuses vinrent détruire Theureux etîet de la démarche de Goertz. Les unes émanaient du ministre de la guerre, Kusten Feif, les autres de l'ingénieur Mégret que Folard, au retour de Malte, avait entraîné en Suède. Ilavait égalementemmené avec lui son neveu de Robert, âgé de douze ans, dont il avait pris à cœur l'éducation militaire; et lorsqu'il avait dû revenir en France, ne voulant pas priver le jeune homme d'une si bonne école et d'une aubaine possible, il l'avait confié à son ami Mégret. Et voilà que celui-ci engageait maintenant Folard à demeurer en France, lui insinuant que dans l'entourage du Roi on se montrait peu soucieux de le voir revenir. De plus, le ministre de la guerre se refusait à assurer au chevalier certains avantages et un grade qui lui avaient été promis par le baron de Goertz.
Folard confia ses amertumes à Poniatowski et celui-ci, en écrivant au baron de Goertz le 26 décembre 171 7, lui disait^ :
M. le chevalier de Folard, fort satisfait des grâces de Sa Majesté, m'a paru être déconseillé de chez nous-mêmes pour s'engager dans le service du Roi. Si Sa Majesté est contente de lui et qu'elle souhaite son retour, il me semble qu'il me serait aisé à le persuader de retourner. Je vous suppUe, Monsieur, d'un mot de réponse sur cela pour que je m'en puisse régler.
Nous ne possédons malheureusement pas la réponse de Goertz qui aurait jeté un jour précieux sur l'opinion réelle que l'on s'était faite de Folard en Suède, mais il semble bien que Poniatovv^ski dût plutôt engager le chevalier à rejoindre Charles XII.
En tout cas il ne l'en détourna point, sans quoi nous ne verrions pas Folard, sitôt remis de « son incommodité />, manifester au baron de Goertz l'intention de retourner en Suède sous certaines conditions. Car, s'il otïrit de nouveau ses services, ce ne fut pas sans avoir