‹ Le chevalier de Folard, 1669-1752Chapitre 109 sur 203 · I. Arch. de Suéde · texte numérisé non relu

I. Arch. de Suéde

fait entendre préalablement d'amères récriminations.

Le ministre^ semblait vouloir me jouer, écrivait-il le 27 février; il n'a jamais voulu me donner la moindre espérance, et son laconisme me faisait assez apercevoir qu'il n'eût pas été fâché que je me dépitasse.

Mais combien ce ministre connaissait peu Folard pour concevoir semblable espoir !...

Plus loin, le chevalier fait de son aventure un tableau piteux. « Ma perte est effroyable, dit-il, et j'arrive en France en chemise, ce qui m'est moins sensible que la perte de tous mes papiers. » Et Folard, qui a déjà l'intention de publier une partie de ses travaux, demande la copie de deux manuscrits'^ qu'il a offerts à Charles XII et dont les originaux sont, hélas ! à jamais perdus.

Quant à sa santé, elle le préoccupe déjà moins, car il s'est mis entre les mains « d'un très habile homme qui s'est engagé à le guérir en trois mois ». En effet, à la fin de mai, il annonce qu'il est en état de retourner en Suède, grâce à une petite opération et à un bandage qui lui permet de supporter les plus grandes fatigues. On sent qu'il brûle d'envie de repartir et qu'il le ferait dans n'importe quelles conditions. Mais il affecte de tenir à des garanties.

Je partirais sur la foi d'une simple lettre de Votre Excellence; Elle doit être persuadée que je me confie à Elle comme au plus honnête homme du monde... mais qu'irais-je faire en Suède, Monsieur, si en arrivant je ne trouve pas Votre Excellence^ ? Et que dois-je faire, puisque cet homme, de qui j'ai lieu de me défier, semble m'insinuer dans sa lettre, du 15 du mois passé, que je ferais mieux de rester en France. Je sais qu'on craint la présence d'un homme, lorsque la conscience vous reproche l'ingratitude et la perfidie. Je lui ai confié la plupart de mes secrets mihtaires ; je le veux croire trop honnête pour vouloir se les attribuer à la faveur de mon absence.

Page 1