I. E. de Broglie, Doin R. de Montfaucon. t. I, p
ni son fin sourire ni l'expression de tendresse répandue sur sa physionomie: le comte d'Onsenbray dont le cabinet de physique, dans sa maison de campagne de Bercy, était une des curiosités que les étrangers de distinction demandaient à visiter ; Henri de Valincourt, le lettré délicat dont la chère bibliothèque fut consumée dans un incendie et qui eut ce mot charmant : « Je n'aurais guère profité de mes livres, dit-il à un ami qui le plaignait, si je ne savais pas les perdre ^ »
Les étrangers distingués s'efforçaient, eux aussi, de pénétrer dans ce milieu monastique, où la science semblait prendre des ailes pour s'élever sans cesse, et l'on y vit notamment le poète diplomate Prior, l'intéressant Bolingbroke -, Georges Richmond le physicien, Robert Smith, x\nderson, le jurisconsulte hollandais Brenckmann, le Genevois Jacob Vernet, sans compter les ambassadeurs et les grands seigneurs de tous pays, de passage à Paris.
Ainsi, durant près de dix ans, Folard eut l'occasion de voir défiler tout ce monde dans la fameuse cellule de dom Bernard, comme aussi parmi les arceaux du cloitre et sous les ombrages des jardins de Saint-Germain et de Suresnes, en compagnie des moines illustres dont l'intelligence égalait la piété et la modestie.
Il n'est donc pas étonnant que les gens du monde qui se piquaient de science ou de littérature aient recherché à leur tour l'accès de ce temple de la saine philosophie et des plus hautes connaissances, où le niveau intellectuel, mieux encore que la courtoisie, permettait dadm^ettre toutes les opinions, pourvu qu'elles fussent loyalement et intelligemment défendues.
Le duc et la duchesse du Maine, les cardinaux de Polignac, de Rohan et de Gesvres; le duc de Coislin, princeévéque de Metz, membre de l'Académie française, « court et gros, a dit Saint-Simon, singulier au dernier point,