I. Dont Bernard de Mo7itfduco7i, t. I. p
lent présentés dans le ;, édit.).
2. Ces deux personnages ont été longuement présentés dans les Guérin de Tenci7i, de l'auteur (Hachette et Cie, édit.).
figure comique et de proposa l'avenant et souvent fort indiscret » ; le jeune duc de Chartres, le fils du Régent, et sagrand'mère « la vieille Madame, au teint rouge, au verbe haut S dont la plume hardie avait toutes les crudités d'un Rabelais allemand »^; le cardinal de Bissy, moliniste zélé, et le comte d'Estrées^ d'abord vice-amiral, puis maréchal, personnage bizarre dont la Vrillière disait «que c'était une bouteille d'encre qui, renversée, tantôt ne donnait rien, tantôt filait menu, tantôt laissait tomber de gros bourbillons. Avec cela grand chimiste, grand ennemi des médecins, il donnait de ses remèdes et dépensait fort à les faire, et de la meilleure foi du monde se traitait lui-même le premier*. » Neveu du cardinal d'Estrées, qui avait été abbé de Saint-Germain-des-Prés, il était là comme chez lui, prêtait des livres, des estampes et se faisait en somme « le mécène de Montfaucon » ; le duc de Saint-Aignan, le marquis de Torcy, Saint- Simon lui-même, les financiers Crozat, Mme d'Aligre : tous ces personnages et bien d'autres, amusants, remarquables ou curieux, qu'ils fussent de la Cour, du Parlement ou de la Finance, venaient constamment, tantôt rares, et tantôt nombreux, mêler leurs habits de soie aux robes de bure dont l'immuable simplicité, en dépit de l'étrange contraste, ne perdait rien de sa beauté parmi les élégances de l'époque naissante de Louis XV.
Ce fut évidemment une aubaine pour le chevalier que de trouver de pareilles fréquentations en un lieu si recherché, où il était lui-même traité en ami. Il se fit ainsi connaître avantageusement de sa personne avant que son premier livre ne parût, et ceci explique le succès étonnant de l'ouvrage dont l'auteur ne jouissait pourtant, comme écrivain, d'aucune notoriété et dont la carrière militaire n'avait pas été, hélas ! aussi brillante que les