‹ Le chevalier de Folard, 1669-1752Chapitre 121 sur 203 · Bibl. nat., ms. f. fr · texte numérisé non relu

Bibl. nat., ms. f. fr

venir sitôt, vous n'en trouviez pas de nouvelles au mois d'août pour ne point venir du tout. Cest ce que je crains et que vous n'ayez déjà même entièrement renoncé à votre dessein. Cependant voilà une maison toute prête et telle que vous l'aviez demandée, belle, commode ; vous souhaitiez qu'elle eût un jardin, elle en a un très joli avec des orangers et des palissades de jasmin. Si vous ne veniez pas, qui en aura soin ? Car je n'entends point le jardinage, et quand je l'entendrais, avec les distractions que me donnent mes livres et mes vapeurs ce serait tout un. Je serais contraint d'avoir un jardinier à mes gages : et cette nouvelle dépense et un loyer de cent écus qu'il me faudra payer m'emporteront le tiers de mon petit revenu qui ne va pas maintenant à douze cents livres. Vous ferez vos réflexions là-dessus.

Je ne doute point que le professeur de Lyon ^ n'ait tâché de me noircir dans l'esprit de M. le marquis d'Aubais^. Que j'y sois devenu bien noir, c'est ce que je ne crois pas ; en tout cas je tiendrai ma confession de foi toute prête, pour l'édifier quand il sera revenu ici. Le père Tupinier, qui me voit quelquefois à ses pieds dans le Tribunal, trouve cette confession très orthodoxe ; peut-être que M. d"Aubais ne sera pas plus difficile que son propre directeur. Les professeurs de rhétorique qui sont plus difficiles, qui sont de très mauvaise composition, qui sont très déraisonnables, voudraient y voir la Science moyenne et la Doctrine de la probabilité. J'espère que M. d'Aubais n'exigera pas que j'y mette toutes ces nouveautés-là, et, qu'assuré que je dis anathème aux cinq propositions, que je n'ai point appelé de la Constitution, et que je n'en veux point appeler, il ne trouvera point mauvais que je veuille avoir mes coudées franches sur de certaines choses. Quelles choses ? Les voici, et, je vous prie, allez lui lire cet endroit. Je prétends qu'il me soit permis d'estimer, d'honorer, d'aimer les Bénédictins ; de m'entretenir quelquefois avec eux en grec et en latin ou en quelle autre langue qu'il me plaira; de les regarder comme les plus habiles gens qu'il y ait maintenant dans la République des lettres ; de lire avec plaisir et même avec admiration leurs ouvrages. Je prétends qu'il me soit permis de n"ètre pas content du journal de Trévoux, de blâmer les vers des Jésuites, même ceux des professeurs de Lyon, quand ces vers ne vaudront rien ; de blâmer aussi

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