Lettres du chanoine, Musée Calvet, Avignon
3. Deux seulement ont laissé des traces mais d'autres subsistaient encore à côté d'Anne et de Babet.
4. Cette propriété appartient aujourd'hui à M. Fenéon, à l'amabilité de qui nous devons un accueil charmant et de précieux renseignements.
Cette propriété était l'objectif du chevalier dans ses moments de lassitude quand, excédé par les difficultés qu'il rencontrait à publier ses travaux, il songeait à tout abandonner pour se laisser vieillir dans l'oisiveté.
De tels projets heureusement ne tenaient guère, mais quand il en parlait au chanoine, celui-ci était saisi de terreur, on va comprendre pourquoi à la lecture de ce qui suit :
Parlons de notre projet de retraite ; il est assurément bien imaginé. Car Morières est en effet un endroit charmant ; Tair y est admirable, le curé une très bonne compagnie. Mais avez-vous oubhé que Mme Cava ^ est de ce pays-là ? Apparemment vous pouvez compter de me l'envoyer à Nîmes. Elle y peut venir, mais assurément elle ne m'y trouvera pas. Car je vous fais savoir dès à présent que je vais travailler à mettre ordre à mes affaires pour passer au plus tôt dans un autre hémisphère et, s'il y a moyen, dans une autre planète.
C'est pour vous faire voir que vous n'y avez pas bien pensé. Dom Thuilher me mande qu'il espère que votre livre sera bien reçu. Sur la foi d"un homme comme lui, je l'espère aussi. Faites que j'en aie un exemplaire dès qu'il sera fini d'imprimer^.
11 s'agissait des : Nouvelles découvertes sur la guerre qui allaient enfin paraître, précédant de trois ans le premier volume des Commentaires de Polybe au sujet desquels les vicissitudes de Folard n'étaient point terminées.
Mais si le chevalier éprouvait de passagères défaillances, il. apportait dans cette nouvelle lutte la même énergie qu'à la guerre. Il avait défendu Modène à rencontre du gouverneur, il viendrait bien à bout de Polybe avec l'appui des Bernadins...