I. Lettre publiée par M E. de Broglie. t. II. p
La lettre du colonel avait en réalité fort impressionné l'excellent homme, car il disait d'autre part à dom Thuillier :
J'ai eu mon compte. Je m'en vante à vous, mais je ne m'en vanterais pas à d'autres. Il y va de mon honneur que l'on ne sache pas dans le monde comment M. le colonel vient de m'accommoder. Je sors de lui écrire quatre mots fort sérieux, mais en même temps fort sages et fort mesurés. C'est avec quoi je prends congé de lui vraisemblablement pour de longues années.
Qui fut piteux à son tour d'avoir dépassé la mesure ? le chevalier, qui vint aussitôt à résipiscence; et enfin, le bon chanoine termina la chicane, en frère affectueux, avec infiniment d'esprit :
Monsieur le colonel, écrivait-il le 22 mars ^, quand j'eus lu votre réponse à ma critique, je dis que vous méritiez que l'on vous donnât un mauvais quart d'heure, et là-dessus je vous écrivis le beau comphment que vous avez vu. Puisque ce comphment a eu son effet, vous avez expié votre faute et, cela étant, je vous reçois en grâce. Touchez là, monsieur le colonel. Mais promettez-moi qu'à l'avenir, quand vous voudrez badiner, vous n'imiterez pas votre Jacqueline - qui, dit-on, mord bien serré quand elle joue avec les gens. De mon côté je vous promets de ne plus vous renvoyer ad improhos jocos Pfiâdri^.
Le chanoine était évidemment ce jour-là exempt de ses « vapeurs », dont il se plaignait si souvent, car après ce traité de paix, qui devait le réjouir infiniment, il éprouve le besoin d'exercer sa verve, et c'est à sa propre cuisinière qu'il s'en prend.
Le docteur*, annonce-t-il, est ici où il se trouve un peu mieux qu'à Avignon, parce qu'il n'y est pas grondé.