‹ Le chevalier de Folard, 1669-1752Chapitre 129 sur 203 · Aux mauvaises plaisanteries de Phèdre · texte numérisé non relu

Aux mauvaises plaisanteries de Phèdre

4. La lettre est écrite de Nîmes, et il s'agit presque sûrement de Joseph-François Folard, docteur es droit, et agrégé de l'Université d'Avignon, de la branche des « majors », Il était cousin germain du chanoine, qui l'affectionnait beaucoup et le désignait dans ses lettres par son titre universitaire, de même qu'il disait : « le professeur » en parlant du Jésuite. Le « docteur », né en 1681, avait donc alors quarante-trois

Seulement MM. Fléchier accaparent tout le jour ce cousin des Folard et la cuisinière du chanoine se désespère,

car, raconte celui-ci, elle se voit contrainte de manger toute seule ses purées, ses fritures, ses ragoûts de truffes, toutes choses auxquelles je n'oserais toucher, moi malade, et dont elle ne se soucie point, travaillant uniquement pour la gloire. Tant qu'hier qu'il ne vint pas pour dîner, elle voulait se pendre voyant périr un certain ragoût d'artichauts qu'elle disait être un chef-d'œuvre et dont elle attendait des louanges. Afin qu'elle ne se pendît point, je. le mangeai et je faillis en crever. Voilà ce que M. Fléchier me coûte.

Quelques jours après, la joie de la réconciliation continuant son effet, c'est avec la même fantaisie qu'il tient le chevalier au courant des faits et gestes de sa famille K

Ma sœur arriva ici, il y a quatre jours, si défaite si défigurée que j'eus peine à la reconnaître. On lui aurait donné quatre-vingts ans. Maintenant son visage n'en dit guère plus de soixante. MM. Fléchier- n'ont pas manqué de la venir voir avec tout leur cortège. Leur cortège item sont ces quatre messieurs, savoir : Spadille, Chonchon, Liquadet et Cannât, braves chiens et bien jolis. Ma sœur leur fit un très bon accueil à tous, surtout à Cannât qui a une belle robe blanche et bleue ; et Cannât, pour lier amitié avec elle, leva la jambe et la compissa, car si chien le sait faire c'est lui ; les meubles de MM. Fléchier et les miens en font foi.

Le temps passait ainsi pour le chanoine dans les soucis que lui donnaient sa famille et ses vapeurs, comme aussi, par compensation, dans les délices de ses lectures et de ses conversations avec des intimes, tels que Labbé Fléchier et son frère, le D'' Baux, M. Daudé, le marquis de Caumont et cet étrange Montelz qui nous a déjà été dépeint.

ans. Il avait épousé le lo février 170b une demoiselle d'Armand et était' le frère de Hubert de Folard, le diplomate qui séjourna longtemps en Allemagne, notamment à Bayreuth (Musée Calvet, Avignon, ms. 2159, fos 1-^8 et autres, et Nîmes. Bibl. mun., ms. 248-249, t. II).

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