‹ Le chevalier de Folard, 1669-1752Chapitre 130 sur 203 · Lettre du 29 mars 1724. Bibl. nat., ms. 19671. Inédit · texte numérisé non relu

Lettre du 29 mars 1724. Bibl. nat., ms. 19671. Inédit

2. L'abbé Fléchier avait un frère dont nous n'avons pu détei!rîi:-:erla: qualité.

Au marquis de Caumont le chanoine envoyait ces vers à propos de la naissance d'un garçon (17 janvier 1724J ^ :

S'il est aussi beau que sa mère, Il sera plus beau que son père, Car, cela soit dit entre nous, Madame est plus belle que vous.

Je n'ai pas voulu vous écrire cela en prose, ajoute-t-il malicieusement, pour ne pas vous dire une vérité humiliante en langage sérieux.

Quant à Montelz, il avait le don d'éveiller merveilleusement la verve du chanoine.

Il était chez moi, raconte l'abbé au chevaher =^, avec MM. Fléchier et Daudé quand je reçus votre lettre ; et trouvant le texte que vous avez donné digne d'un commentaire, il se mit à en faire un de sa façon, mais si extravagant que nous nous crûmes obhgés de le prier de changer de discours ou du moins de mettre un peu plus de modestie dans ses paroles. MM. Fléchier et moi nous fûmes envoyés tout net au diable et sans notre caractère, nous aurions reçu encore un bon coup de patte. Il en donna un effroyable au pauvre M. Daudé qui n'est pas personne sacrée; or, quand je dis un coup de patte, entendez, s'il vous plaît, un véritable coup de patte. Car les mains de Montelz ne sont pas des mains, mais de véritables pattes d'ours, parce que depuis qu'il est entré dans sa soixante et quatorzième année, c'est-à dire depuis près de trois ans il s'est laissé croître les ongles qui sont devenus très longs et très crochus. C'est ce que vous ne saviez pas ; et vous ignorez encore bien d'autres choses de cet homme-là. Et par exemple, outre les ongles, il se laissa aussi croître la barbe, ce qui avec ce certain nez que vous savez et de certains yeux étincelants comme un fer enflammé qui sort de la forge, le rend si effroyable que la première fois qu'on le voit on croit voir le diable. Daudé ne croit pas que le diable soit plus laid et que, s'il est plus laid. Dieu ne doit pas avoir fait le diable.

Mais, si la société de ses amis charmait le chanoine, il y avait un être dont la compagnie lui était plus chère

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