Bibl. nat., Ln
2. Ce fut seulement à la fin du xyii» siècle que l'on vit apparaître quelque uniformité dans la tenue des soldats, car longtemps encore les officiers purent porter des costumes de fantaisie pourvu qu'ils fussent (( à la cavalière ». Le corps des grenadiers de Brandebourg, en 1098, présenta le premier uniforme complet. Mais déjà celui-ci existait partiellement dans divers régiments.
3. 40 chevau-légers, 112 fantassins, 20 suisses et 8 brigades de maréchaussée dont l'ensemble coûtait environ 100.000 livres [Avignon, par A. Hallays. Renouard, édit.).
la belle tenue pouvait entretenir le goût du jeune Folard. Mais ce qui intéressait surtout celui-ci, c'était les régiments royaux qui parfois traversaient la ville, au milieu de la sympathie générale des habitants. Car on n'avait pas oublié que, peud'annéesauparavantfen 1662), l'occupation d'Avignon par les soldats de France avait marqué la fin des troubles et assuré la paix à la cité, meurtrie par les émeutes des Pévoulins (^pouilleux) contre les Pessugaux (tripoteurs) \ et par diverses mesures tracassières.
A ce moment, Avignon eût souhaité être réuni à la France, et. si Louis XIV ne se rendit point à ce désir secret, ce fut par calcul politique, afin de conserver sur la papauté l'avantage de la menace constante d'une facile annexion^.
Mais, en fait, le Roi en usait sans façon avec cet îlot papal, où ses soldats recevaient toujours le meilleur accueil. Ce fut lors d'un de ces passages de troupes que la nature énergique et indépendante du jeune Folard se traduisit par une action nette et simple. Abandonnant sans vergogne le collège et la maison paternelle, Charles suivit une compagnie qui passait ..
Il avait alors seize ans. << Mais son père, qui connaissait son inclination, se douta bien du parti qu'il avait pris, et écrivit au major d'une place oii cette compagnie devait s'arrêter. Folard fut appréhendé et ne revint que pour être enfermé dans un couvent de religieux avec un de ses cousins qui avait été le compagnon de son évasion. »
On pourrait penser qu'un traitement aussi rigoureux aurait fait réfléchir les aventureux gamins. Mais déjà, comme plus tard, Charles ne connaissait pas d'obstacles; ou tout au moins son ardeur indomptable l'assurait de les pouvoir franchir.
A plusieurs reprises il s'évada par escalade, toujours suivi de son cousin qu'il ne voulait pas laisser derrière