Avignon, par A. Hallays
2. Et depuis lors, des vice-légats, presque tous français, continuèrent de gouverner au nom du Saint-Siège, jusqu'en 1790,
lui, et chaque fois ce fut Timpossibilité de trouver un asile qui fit rentrer les deux garçons au bercail.
Enfin, à dix-huit ans, Folard réussit à se faire octroyer un mousquet, comme cadet, dans le régimentde Béarn S et cette fois son père, comprenant que rien ne prévaudrait contre une telle passion, acquiesça à cette vocation d'où allait naitre d'ailleurs la célébrité de son nom.
Dès Tannée suivante ( 1 688) , la guerre de la ligue d' Augsbourg fournit au jeune homme l'occasion de satisfaire ses goûts, car son régiment participa à la conquête du Palatinat. Son colonel- lui confia même une petite troupe de partisans, et cette façon un peu spéciale de guerroyer lui inspira la composition d'un traité manuscrit sur les coups de main, dont le maréchal de Belle-Isle devint plus tard possesseur.
Malheureusement, dans la suite, le régiment de Béarn, en totalité ou en partie, fut désigné pour la garde d'une forteresse, et cette destination casanière empêcha Folard de se signaler davantage dans les combats.
En revanche, il travailla et devint sous-lieutenant. Mais il ne faudrait pas se représenter ce premier grade sous les apparences qu'il offre de nos jours. Ainsi, jusqu'au capitaine inclusivement, l'officier portait le fusil ^, marchait avec ses hommes, campait comme eux et partageait toutes leurs fatigues.
Quant à l'uniforme, permettant clairement la distinction des grades, il était à peine établi dans la maison du Roi. Dans les régiments ordinaires l'avancement se traduisait simplement par une augmentation des ornements d'or ou d'argent sur le costume. Encore n'en fallait-il point trop mettre, sous peine de se faire rappeler à l'ordre ou de passer pour un officier de milice, espèce qui fut toujours un peu ridiculisée par les vrais militaires.
1. Et non pas de Berry comme on l'a écrit jusqu'ici (Arch. duminist. de la guerre).