‹ Le chevalier de Folard, 1669-1752Chapitre 135 sur 203 · Bibl. nat., ms. N. a. fr · texte numérisé non relu

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Les auteurs étaient en même temps autorisés à faire souscrire le public pour la continuation de l'ouvrage.

L'affaire s'annonçait bien au point de vue pécuniaire. Les volumes se vendaient rapidement, les souscriptions arrivaient et le chevalier avait obtenu successivement une gratification de 500 livres (2 février 1727) et une autre de i.ooo (16 avril 1727) pour ses dépenses en voyages et en écritures, comme aussi pour avoir établi « une catapulte facile à fabriquer en campagne et capable d'envoyer des blocs de pierre ou de fonte tout aussi loin qu'un canon » ^

Folard continuait donc à se multiplier; et au milieu de tant d'occupations, il n'oubliait point de rendreservice aux membres de sa famille. Il recommandait au ministre son neveu de Robert, déjà capitaine dans le régiment de Picardie, et son propre frère, « ce vieux officier, disait-il, qui avait essuyé toute la guerre d'Italie et qui était capable de faire un bon aide-major »-.

Pourtant le bruit que faisait son Polybe, les controverses qu'il soulevait et les critiques violentes qu'il déchaînait auraient pu l'absorber davantage ; mais il se voyait enfin lancé, connu, discuté, et c'était maintenant avec un peu plus de sérénité qu'il attendait les attaques. Car, à n'en pas douter, l'ouvrage était bon. Le chanoine lui avait écrit une lettre délicieusement enthousiaste où il trouvait moyen de tourner les défauts mêmes du chevalier en qualités".

Mon cher frère, disait-il, cette lettre sera en même temps pour vous et pour dom Thuillier. Vous en excuserez le désordre. Je vous écris dans le sommeil ou peu s'en faut, ayant la tête chargée d'une grosse dose d'opium que j'ai été contraint de prendre deux heures après minuit. J'ai enfin reçu le Polybe que Rafîe '* m'a envoyé et que j'ai déjà lu.

J'y ai trouvé les mêmes défauts que dans le petit livre.

Mais je n'ai garde de ne pas vous les pardonner. Car, outre

I et 2. Ministère de la guerre, A. A. G., billet autographe de Folard, du 31 février 1727.

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