Bibl. nat., ms, 19671. Inédit
Le chanoine ne devait guère compter sur l'efficacité de sa défense, mais c'était là une mesure de tact, car les vers qu'il envoyait au chevalier étaient assez risqués.
C'était d'abord : « la querelle de Messire Jean-Baptiste de la Motte et du père Illuminé de Tordre des Haut- Montez, au menton ras, mise en rimes par maître Nicolas de Cavarie. » Puis venait le panégyrique des récollets, qui commençait ainsi :
Vive la gant porte mutaude
C'est-à-dire les « pieds de bois » 1
J'en ai dit du mal autrefois,
J'en suis contrit et j'en demande
Pardon à Monsieur saint François.
Les « pieds de bois » sont l'honneur de l'Eglise ; Ils jeûnent maint Carême, ils jeûnent maint Avent ;
Ils ne portent point de chemises
Et se disciplinent souvent ; Puis, bien discipHnés, ils sortent du couvent...
Mais les plus grasses plaisanteries auraient eu peine en ce moment à égayer le chevalier, qui encore une fois se voyait en butte à des cabales montées pour arrêter la publication des Commentaires, Le sixième tome de l'ouvrage parut cependant à son heure, en 1730, mais il contenait seulement la traduction de Thistorien grec. Par exemple, dans une longue préface, le chevalier répondait aux attaques dont il avait été l'objet et s'expliquait sur l'absence du commentaire.
«Personne n'ignore, disait-il^, que des ordres supérieurs m'ont imposé silence ou ne m'ont permis de continuer à parler qu'à des conditions qui me paraissaient déranger trop le système que je m'étais formé. »
Quoi qu'il en fût, ces dix années avaient été bien employées, comme l'auteur ne manque pas de le dire lui-même à sa propre louange. Six gros volumes inquarto, chacun de cinq cents pages environ, contenant quantité de superbes gravures et surtout constituant l'ouvrnge le plus complet qui, depuis les Anciens, eût été