‹ Le chevalier de Folard, 1669-1752Chapitre 141 sur 203 · mai 1729. Musée Calvet, ms. 2374, f · texte numérisé non relu

mai 1729. Musée Calvet, ms. 2374, f

Une autre lettre nous apprend que Folard songeait à revenir en Avignon et qu'il faisait réparer par son architecte, M. Franque, une maison qu'il possédait en ville S avec l'intention d'y recevoir fréquemment le chanoine.

Ne trouvez-vous pas à propos de coucher dans la petite chambre du côté de l'abreuvoir au midi ? Elle sufi&ra pour recevoir mes amis ; et mon cabinet sera à l'aile du côté du jardin en attendant que j'achève le reste 2.

Ces préparatifs de Folard, qui n'allaient en réalité avoir aucune suite, activaient encore la correspondance ; et le chanoine apportait toujours dans ses lettres le même esprit humoristique et le même souci des détails amusants.

Pour vous donner des nouvelles de mon petit domestique, écrivait-il ^, les deux pigeons sont toujours en nature, et font merveille de pondre et de couver. Mais Mitis a fait mauvaise fin. On vient de le trouver étendu mort à la rue dans le ruisseau. Et qui a tué ce pauvre animal ? Les uns disent que c'est an certain chien noir et blanc d'un boulanger, cet autre un certain garnement fils d'un huissier. Qui que ce soit qui ait fait le coup. Mitis est mort, et grande désolation chez moi. Isabeau veut se pendre et Alexis, son mari, oubliant les bienséances de son sexe, pleure de tout son sens tandis que Pypy *, qui par le privilège de sa condition ignore ce qui se passe dans les lieux où il n'est pas, gambade et caracole dans la salle. Il est toujours bien drôle et M. l'archidiacre, votre ami, toujours bien gourmand. Il ne me vient plus voir que pour m'entretenir de ce qu'il mange à ses dîners et à ses soupers ; et, si vous êtes curieux de savoir ce qu'il mangea avant-hier soir et hier, et ce qu'il a mangé aujourd'hui : avant-hier il mangea des soles, hier il mangea du merlan et des rougets,

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