‹ Le chevalier de Folard, 1669-1752Chapitre 145 sur 203 · I. Hubert de Folard, plus tard ambassadeur en Allemagne · texte numérisé non relu

I. Hubert de Folard, plus tard ambassadeur en Allemagne

cinq ans de services et ses dix grandes blessures »^

J'ai bien de la peine à vivre, disait-il. et mes études, utiles à l'Etat et dune dépense au-dessus des forces d'un particulier, m'ont très incommodé.

Il terminait enfin par une phrase où perce, sous la flatterie, une amusante et fine ironie :

J'attends tout de votre justice, Monseigneur ; je ne demande pas que le Roi mesure ses bienfaits à la grandeur de son cœur — je serais trop riche — mais seulement à celle de mes besoins.

Il demandait une pension de deux mille livres, on lui accorda une simple gratification de cent écus. Ce piteux résultat dut certainement enlever à Folard toute sympathie pour le cardinal de Fleury, pour les ministres et même pour la Cour en général où, à son avis, on se montrait trop ingrat pour les services rendus et où le favoritisme commençait à régner au détriment du véritable mérite.

Cet incident eut vraisemblablement une part sérieuse dans l'espèce d'évolution religieuse que Folard exécuta à ce moment. En effet, si le chevalier avait jusqu'alors marqué peu d'empressement pour les molinistes, il était bien loin de s'être rangé dans le parti opposé, et l'exemple de dom Thuillier, révoquant son appel, était bien fait pour l'éloigner des jansénistes. Mais en réalité Folard, qui ne croyait à rien, ne s'était jamais préoccupé des questions religieuses. Ses tendances à ce sujet ne devaient guère venir que de ses amitiés, comme aussi, par opposition, de ses antipathies, et c'est là qu'il faut chercher l'explication de sa présence au cimetière Saint- Médard-, ce lieu si utilement exploité à ce moment par les jansénistes et honni de la Cour.

Page 1