‹ Le chevalier de Folard, 1669-1752Chapitre 149 sur 203 · Valets sans livrée · texte numérisé non relu

Valets sans livrée

2. Bibl. nat., ms. f. fr. 19669, î" 257. Cette intéressante lettre inédite se trouve dans la correspondance de dom Thuillier, mais il est évident que si elle lui a été communiquée, elle ne lui était pas adressée, car en ce cas le correspondant, qui ne pouvait ignorer la collaboration de Folard et de dom Thuillier, ne se serait pas donné la peine de raconter au Bernardin quel personnage était le chevalier,

:^. Sa hernie contractée en Suède.

jamais eu de sa vie un seul retour vers Dieu, et il est continuellement en prières. Je sais cela d'un domestique de chez lui qui ma dit être entré plusieurs fois dans sa chambre et l'avoir surpris à genoux et les yeux baignés de larmes.

Il semble bien qu'un tel résultat aurait dû convaincre les personnes les plus hostiles au diacre Paris et encore mieux celles qui sympathisaient avec les jansénistes. Or, le chanoine de Nimes, loin d"ètre convaincu, se montra fort mécontent.

M. le chevalier, écrivait-il^ au marquis de Caumont, a voulu faire une scène là-haut à cette comédie du faubourg Saint- Marcel.

Cette comédie dure un peu trop à mon gré : je suis las de tant de neuvaines, de tant de miracles. Et j'ai hâte de voir tomber la toile. Mais elle n'est pas encore prête à tomber. Car les acteurs ne sont pas encore las, et il n'y a pas même de l'apparence qu'ils le soient de longtemps, les spectateurs ne cessant de les animer en se prêtant comme ils font à la tromperie. Pauvres spectateurs ! malheureux acteurs ! Je vous dirai ici que cette aiïaire a mis assez mal le parti dans mon esprit; il y était très bien, afin que vous le sachiez, et j'étais tout au moins la moitié d'un bon janséniste. A l'heure qu'il est, je n'en suis ni le tiers, ni le quart ; je ne suis plus rien. Ne soyons rien, mon cher monsieur, ou plutôt ne soyons que ce quil est nécessaire d'être, catlioliques, apostoliques et romains: rien de plus; point jansénistes, point Bonzes. M'entendez-vous ? Point Bonzes ! Car c'est là un quelque chose de plus et un quelque chose de trop. Mais savez-vous que la Galette ecclésiastique parle de cette belle neuvaine du chevalier ? Quand je l'ai vu couché de tout son long dans cette légende j'ai failli tomber de mon haut. Cependant ceux qui croient ici aux prétendus miracles du faubourg ne cessent, pour les faire croire aux autres, de leur citer l'exemple de notre homme. « Voyez, disent-ils, un homme comme lui, un esprit de cette trempe s'est rendu : il les croit comme il croit le feu central et la pluralité des mondes. » Patience; il ne les croira pas toujours, car la neuvaine finira ; et s'il en commence une autre, cette autre finira aussi, et je compte bien qu'il ne recouvrera pas l'ouïe.

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