‹ Le chevalier de Folard, 1669-1752Chapitre 161 sur 203 · I. Ministère de la guerre, vol. s-yô), f · texte numérisé non relu

I. Ministère de la guerre, vol. s-yô), f

Pour en revenir à Folard, le ministre voulut sur ces entrefaites l'envoyer en Italie, mais sans lui rien promettre, comme toujours. Or Folard, qui savait maintenant à quoi s'en tenir, déclina l'offre.

Il préféra continuer ses travaux à domicile et rédiger pour la Cour des projets qu'on lui commandait en abondance. Mais comme on le payait fort mal, il s'en plaignit amèrement à Belle-Isle. en le priant d'intervenir.

Hélas 1 les désordres intérieurs qui devaient aboutir à la grande Révolution s'accentuaient déjà, et Folard écrivait^ :

« La Cour s'endort comme nous dormons partout ailleurs. On ne sait ce que c'est qu'un bon sujet et l'on emploie des gens auxquels je ne voudrais pas donner quatre poules à garder. »

Constatation lamentable d'une démoralisation qui allait tout perdre et à laquelle personne n'osait appliquer le « grand remède », selon une expression qui désignait alors le plus rude des traitements. Le Roi était trop léger et le cardinal de Fleury, trop opportuniste.

On est fort inquiet à la Cour, mandait Folard à Belle-Isle ^, mais cela ne fera pas changer les ministres et l'on n'aura jamais recours aux habiles gens. On m'écrit et l'on me mande le remède à tant de sottises. Ils m'ont trop maltraité, et ils continuent encore. Vous ne sauriez croire combien j'ai travaillé inutilement sans la moindre reconnaissance. J'ai fait une infinité de voyages, tout cela m'a coûté, et comme on m'a refusé une bagatelle qui ne leur coûtait rien, vous pouvez bien croire qu'on ne me paiera pas mes voyages.

Mais ce qui mit le comble à son mécontentement ce t| fut, à la fin d'octobre, de ne point figurer dans une promotion d'officiers généraux. Etaient-ce de vagues promesses qui lui avaient donné l'espoir d'en faire partie ou

1, Ministère de la guerre, vol. 2763, p. 151.

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