‹ Le chevalier de Folard, 1669-1752Chapitre 17 sur 203 · Ministère de la guerre, vol. 1607, p · texte numérisé non relu

Ministère de la guerre, vol. 1607, p

certificat ' très élogieux de bravoure et de capacité dont la sincérité est garantie par la valeur du signataire.

Malheureusement un pareil brevet devenait alors lettre morte en temps de paix, et le pauvre Folard s'aperçut promptement que la gloire est parfois mauvaise nourricière. Cependant on sentait bien que la paix récente n'était qu'un repos momentané, et tous les yeux se tournaient déjà du côté de l'Espagne pour laquelle se nouaient, avant même la mort de Charles II, les intrigues européennes les plus compliquées.

Mais en attendant que l'étincelle jaillît, Folard dut vivre trois ans dans la gêne, se maintenant péniblement en subsistance, sans situation bien définie et, officier sans soldats, traînant sa lieutenance comme une outre vide.

Le sort des réformes l'avait fait passer du régiment de Béarn dans celui de Berry -, où il se trouva sous les ordres du colonel Vincent de Budes, marquis de Goesbriant, qui devint dans la suite l'un de ses meilleurs protecteurs et son plus fidèle ami.

C'est à cette époque (1699-1700) qu'il convient de placer une aventure dont les détails donnent bien la mesure de la présence d'esprit, de la résolution et du courage du jeune Folard "\

Il passait seul dans la forêt de Compiègne pour aller rejoindre son régiment qui se trouvait à Soissons. Il cheminait à pied, lorsqu'ayant été surpris par la nuit et par la neige, il se vit obligé d'entrer dans un méchant cabaret, isolé au milieu de la forêt. Quoique l'endroit fût de mauvaise mine, l'officier, insouciant comme tous les jeunes gens, ne conçut aucun soupçon. Pourtant, lorsqu'il alla se coucher, il s'aperçut que la porte de sa chambre n'avait ni serrure ni verrou. Toujours sans défiance, il se contenta d'appuyer un fauteuil contre le battant, se coucha et s'endormit. Quelques heures après, il fut éveillé en sursaut et vit de la lumière qui filtrait

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