‹ Le chevalier de Folard, 1669-1752Chapitre 171 sur 203 · I. Avignon, musée Calvet, 15 décembre · texte numérisé non relu

I. Avignon, musée Calvet, 15 décembre

l'honneur de Maurice de Saxe et qui semblent être l'œuvre de Folard lui-même.

Ci-gît ce héros invincible

Qu'on vit en un jour de combat Triompher à la fois de la Parque inflexible

Et des ennemis de l'Etat.

Image du dieu Mars, tant qu'a duré la guerre, De ses exploits divers il étonna la terre. Que si la mort a pu dans le sein de la paix Interrompre le cours d'une si belle vie, En dépit de la mort, en dépit de l'envie, La gloire de son nom ne périra jamais.

Cette fin prématurée de Maurice de Saxe, qui s'obscurcit encore de singulières imprécisions, était bien, comme le disait Folard, un grand malheur pour l'Etat et un plus grand encore pour le pauvre chevalier dont le frère Paul, '< le capitaine », était mort récemm-ent lui aussi.

En réalité il ne restait plus à Paris que Belle-Isle capable de manifester quelque amitié à ce petit vieillard infirme dont la décrépitude physique, heureusement pour lui, devait être de courte durée.

Sur ces entrefaites le roi de Prusse eut envie de voir Folard « dans le dessein de faire exécuter ses évolutions par les troupes prussiennes ». Il lui fit écrire par le feldmaréchal Keith, puis par son propre frère, le prince Frédéric de Prusse. Folard fut si flatté qu'il faillit affronter cette épreuve. Mais on lui fit observer qu'avec son grand âge et ses infirmités il risquait sa vie, et ce fut alors vers son pays natal qu'il se tourna irrévocablement.

Là, il devait retrouver encore des cousins, des neveux, et aussi quelques amis, parmi lesquels le marquis de Caumont allait le charmer plus que tout autre.

Seulement, s'il possédait toujours sa demeure de Morières, il avait vendu depuis six ans à« Messire Charles le Fougasse, marquis de Royère », sa maison d'Avignon.

Par bonheur, il trouva à louer ^ un agréable apparte-

I. La liquidation signale les arrérages de cette location. Musée Calvet, ma. 21^9.

ment dans l'hôtel d'un ami de sa famille, le chevalier Johannis de Verclos, et il vécut là une partie de l'année avec un sieur Constant qui lui tenait lieu de secrétaire et de compagnon habituel.

Ce fut au printemps de 17=,! qu'il arriva dans ce Comtat qu'il n'avait pas revu depuis trente ans^

Malheureusement sa surdité, devenue totale, l'isolait terriblement au milieu de son nouvel entourage composé en majorité de personnes beaucoup plus jeunes que lui. Et puis ses rhumatismes ne lui laissaient guère de répit. Toutefois il causait facilement et racontait volontiers ses campagnes. Surtout il écrivait beaucoup, en infatigable épistolier qu'il avait toujours été. Mais il n'eut pas à mener longtemps cette existence sédentaire, si peu appropriée à sa nature. Dès l'hiver de 1752 il fut attaqué « de coliques et d'un dégoût général- » qui l'emportèrent en peu de temps. Il mourut le 23 mars 1752, âgé de 83 ans.

Un de ses derniers soucis avait été la mise au point de son testament. «Cette préoccupation, remarque judicieusement M. de Vissac, le hantait même si fort qu'après avoir déposé son testament olographe aux minutes de M® Mantillery son notaire, le 10 septembre 17SI, il rédigea successivement quatre codicilles, les 22 et 26 février 1752, puis les 2 et 11 mars suivants. »

Dans chacun d'eux il ne s'agit en réalité que de questions de détail concernant surtout son secrétaire, gérant de ses biens, qu'il veut mettre à l'abri de toute chicane. Il avait préalablement ordonné la vente de tout ce qu'il possédait. Dans un de ses codicilles il en excepte « les tableaux représentant Charles XII, roi de Suède, le maréchal de Turenne, le maréchal de Saxe et ceux de sa famille ». Il désire que ces souvenirs soient conservés par ses neveux.

Mais les grandes lignes de son premier testament subsistent toujours. Son neveu Hubert de Folard, ministre

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