‹ Le chevalier de Folard, 1669-1752Chapitre 177 sur 203 · I. Folard, Histoire de Polyhe Introduction · texte numérisé non relu

I. Folard, Histoire de Polyhe Introduction

lion, donner les charrois d'artillerie à l'entreprise, consntuer de toutes pièces le service des hôpitaux. La marche c l'armée ne peut s'exécuter qu'après des calculs minu- •juxoù la moindre erreur commise laisse les troupes sans ivres et sans fourrages. Enfin, les généraux hésitent longuement avant de livrer bataille, car le risque est très grand. Les soldats sont recrutés par les officiers, et les régiments n'ont pas de dépôts organisés. Une compagnie détruite mettra de longs mois à se reformer, parce qu'il faudra trouver un nouveau capitaine qui fasse parcourir la France par son sergent racoleur; aussi, dès qu'il n'est pas question de livrer une bataille générale, les troupes d'opérations sont-elles constituées par les grenadiers et les piquets, car les grenadiers sont prélevés sur l'ensemble des fusiliers, et les piquets ne prennent que deux hommes par compagnie pour égaliser les pertes.

Mais les difficultés et la cherté du recrutement ne sont pas seules à exercer sur la stratégie et la tactique une influence néfaste. Si la juxtaposition rigoureuse des 16 compagnies de fusiliers établies sur quatre rangs de profondeur, à raison de lo hommes par rang, est dictée par le souci de répartir les risques entre tous les capitaines et conduit à Tordre mince, puisqu'un rectangle dont le grand côté est garni par i6o hommes alors que la profondeur est de 4 représente une figure étirée, essentiellement rigide et difficile à mouvoir, l'armement n'a fait qu'exagérer ces tendances. Depuis la suppression de la pique', l'abandon du mousquet, l'adoption du fusil, il s'est produit dans toute l'Europe un véritable engouement pour l'arme à feu. La vraie manœuvre consiste à placer l'armée face à son objectif, sur une position dominante et difficile à tourner. L'artillerie choisira ses emplacements et n'en bougera plus parce qu'aussi bien les changements de position lui sont interdits, les conducteurs civils ne voulant pas exposer leur existence et leurs attelages. Le gros de l'armée restera donc sur place en fixant l'ennemi de front par un feu des plus nourris. La

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