I. Histoire de Polybe, t. I, p. 2i
Mais, pour rompre la résistance dune armée arrêtée sur de fortes positions, pour la joindre en parcourant un terrain battu parles rafales de projectiles, il faut prévoir de grosses pertes. Le meilleur moyen de les diminuer est d'abréger la durée du cheminement difficile en arrivant au plus tôt à l'abordage : « Il ne s agit pas de tirailler, mais d en venir d'abord aux coups d'armes blanches, et de joindre 1 ennemi et alors le feu n"a plus lieu et il n'y en a aucun à essuyer^ ». Quelle que soit l'épaisseur de la colonne dattaque, elle n'aura pas grand chose à craindre du tir du fusil et des bouches à feu : « Le canon n'est redoutable que contre les corps qui restent fixes, sans mouvement et action... Une canonnade réciproque marque une grande fermeté dans les troupes qui l'essuient sans branler, mais trop de circonspection, d'incertitude ou de timidité dans le général, car le secret pour s'en délivrer n'est pas la magie noire. 11 n'y a qu'à joindre l'ennemi, on évite par ce moyen la perte d une infinité de braves gens... - »
Partant de ces données très justes, Folard crut avoir trouvé la formation-type d'attaque en adoptant la colonne et la définition de ce dispositif en montre bien les exagérations et l'erreur fondamentale : « La colonne est un corps d'infanterie serré et suppressé, c'est-à-dire un corps rangé sur un carré long dont le front est beaucoup moindre que la hauteur, qui n'est pas moins redoutable par la pesanteur de son choc que par la force avec laquelle il perce et résiste également partout et contre toutes sortes d'efforts. Les rangs et les files doivent être tellement serrés et condensés que les soldats ne conservent qu'autant d espace qu'il leur en faut pour