‹ Le chevalier de Folard, 1669-1752Chapitre 182 sur 203 · Maurice de Saxe, Mes Rêveries, t. I, p · texte numérisé non relu

Maurice de Saxe, Mes Rêveries, t. I, p

autres et par eux-mêmes ^ ». Cette articulation de la ligne de bataille qui permet seule la manœuvre et le mouvement en avant, Folard ne cessera de la réclamer en invoquant les leçons de l'histoire. Dion de Syracuse marchant à la rencontre de lennemi « sépara ses pesamment armés par petits corps auxquels il donna plus de profondeur que de front et les mit chacun sous différents chefs, afin qu'il pût faire tête en plus d'endroits et paraître plus fort et plus redoutable - ». Et si Régulus fut battu par Xantippe, quoiqu'il eût fractionné son armée en ligne de colonnes, ce fut bien parce qu'il n'avait pas assuré à chaque subdivision son champ d'action nécessaire : « L'ennemi n'ayant pu le rompre, il fut rompu par les éléphants auxquels il ne laissa aucun passage entre les colonnes qu'il rangea trop près à près, au lieu qu'il leur faut des espaces entre elles pour se remuer, parce qu'elles combattent indépendamment les unes des autres'^»

Mais la ligne de bataille une fois morcelée pour se mouvoir plus à son aise, ne risque-t-on pas d'avoir une action décousue ? Folard a prévu l'objection et lui fait des réponses lumineuses. Sans doute, le but est commun à tous les groupes de combat ; la marche offensive les pousse à l'assaut de la position ennemie, mais y parviendront-ils tous à la fois? Certains d'entre eux ne rencontreront-ils pas des résistances sérieuses qui briseront leur élan, tandis que les corps voisins trouveront le chemin libre ? C'est alors que Folard cherche la solution, non seulement dans la convergence des efforts, mais dans la liaison des armes. Les compagnies de grenadiers, toujours placées en dehors des colonnes, les flanquent et déblaient la route par la mousqueterie. La cavalerie jusqu'alors intégralement conservée aux ailes ou à la réserve est répartie dans tous les intervalles *. En un mot, si chacun

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