‹ Le chevalier de Folard, 1669-1752Chapitre 183 sur 203 · Nouvelles découvertes sur la guerre, ch. VII, p · texte numérisé non relu

Nouvelles découvertes sur la guerre, ch. VII, p

4. Cette conception est fausse car la cavalerie est l'arme de l'espace et sa place eût été plus indiquée aux ailes et à la réserve. Les cavaliers

des corps agit droit devant lui et pour son propre compte, son devoir impérieux n'en n'est pas moins de pousser le combat de telle manière que les échelons compromis soient dégagés par les mouvements de leurs voisins : «La première règle à la guerre, ou, pour mieux dire, l'axiome incontestable sur lequel on ne se fonde pas aujourd'hui est que, dans toutes sortes de combats, une arme soit soutenue par l'autre... Assurez bien vos flancs, non par les obstacles que le terrain vous offre, car on ne les trouve pas toujours, mais par vos armes mêmes^ » En disposant d'ailleurs les colonnes en échiquier, toute irruption de l'adversaire se heurtait à un feu de face et à un feu de flanc -.

En possession des éléments de la manœuvre, comment Folard va-t-il en jouer sur le champ de bataille? Il se défend d'avoir des idées préconçues, mais, néanmoins, la prépondérance qu'il donne au choc va le conduire à des solutions diamétralement opposées à la routine. Jusqu'alors, les tacticiens, « nation vraiment moutonnière, puisqu'elle ne connaît qu'une seule manière de combattre», cherchaient à fixer l'ennemi pour chercher la décision sur ses flancs. On proclamait alors ce que nousavons appelé, depuis la guerre du Transvaal, V inviolabilité des fronts et cette idée était aussi fausse au xviii^ siècle que de nos jours. La bataille de Mantinée, déclarait Folard, « peut fournir une bonne leçon à ces généraux d'armée qui s'imaginent qu'il n'y a pas de meilleur moyen que d'engager aux ailes; ce qui paraît une erreur à laquelle il me semble qu'on ne fait guère d'attention. Une armée trouve des ressources infinies lorsqu'elle est attaquée à une desesailes, mais, lorsqu'elle est rompue à son centre, je n'y vois pas grand remède, parce quelle se trouve coupée et séparée de ses ailes, sans trop d'espérance d'en

du xvina siècle, notamment le chevalier de Boussanelle, l'ont amèrement reprochée à Folard. Mais il ne faut retenir de cette théorie qu'une idée juste et neuve, celle de la coopération des armes dans toutes les circonstances de la bataille.

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