‹ Le chevalier de Folard, 1669-1752Chapitre 184 sur 203 · Traité de la Colonne, p · texte numérisé non relu

Traité de la Colonne, p

recevoir du secours^ ». Et ce procédé pour lequel il marque une prédilection spéciale, procédé qui sera d'ailleurs celui de Napoléon à Austerlitz, Folard y revient lorsqu'il décrit son ordre de bataille en pays de plaine : '< Je dispose donc mes trois corps, l'un pour donner au centre afin de le séparer de ses ailes et ceux de la droite destinés pour tomber sur les ailes » ; cette méthode à son avis réussira toujours si l'on a soin d'engager tout son monde pour rendre le choc plus brutal, en ne gardant qu'une réserve entre les intervalles des corps « pour les accidents inopinés » -.

On a souvent représenté Folard comme un fantassin endurci, faisant peu de cas des autres armes, et cependant il professait pour la cavalerie la plus grande admiration, mais il voulait la restreindre à son véritable rôle qui est d'agir vigoureusement dans toutesles circonstances de la guerre pour soutenir les masses d'infanterie aux n-ises avec les fatigues de la marche et avec les dangers lu cheminement dans les zonesbattues parle feu. La cavalerie devait former un organe de rupture composé de lanciers bien remontés ouvrant le chemin au galop pour laisser passer ensuite au trot les cuirassiers devant lesquels toute résistance devait tomber. L'attaque devait être soudaine et déconcertante, déchaînée sur une ou deux lignes, en ne conservant que quelques escadrons comme réserve ou garde-flancs, et surtout la cavalerie ne devait pas faire usage du pistolet dans la charge : « Mes amis, disait Charles XII à ses cavaliers, joignez l'ennemi, ne tirez point, c'est aux poltrons à le faire et frappez toujours de pointe, vous en aurez bientôt raison ^ »

La bataille, aux yeux de Folard, était l'unique raison de la guerre et si cet axiome paraît évident et même

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