Ibid., t. IV, p. 134 à
quelque peu puéril, tous les militaires savent bien que la conduite des opérations est très différente suivant que le chef subordonne ou ne subordonne pas toutes les conceptions à ce but final. Certains généraux, surtout au xvni^ siècle, ont recherché l'objectif géographique et si beaucoup ne croient pas pouvoir se dispenser de rencontrer l'ennemi, bien peu sont animés de cet esprit d'offensive à outrance qui les jette sur l'adversaire avec tous leurs moyens d'action. Folard n"a jamais fait de distinction entre l'ordre de marche d'une armée et l'ordre de bataille; Napoléon avait la même doctrine lorsque, dans l'incertitude des mouvements ennemis, il traversait le Frankenv^^ald ou se lançait en 1807 à la poursuite des Russes le long des rives glacées de l'Aile et de la Passarge : «Dans ces sortes de conjectures, écrit Folard, et lorsqu'on craint également partout, on se dispose de telle sorte qu'on puisse éviter d'être surpris de quelque côté que l'ennemi paraisse et faire en sorte qu'on soit préparé à tout événement, que chaque arme se trouve en sa place et réponde à la nature du pays qui lui est propre dans les mouvements qu'on est obligé de faire dans les cas imprévus ^ » Pour rendre la guerre décisive, il estimait qu'il fallait se méfier des places fortes et conseillait de bloquer ou de masquer les résistances au lieu de faire un siège en règle ; il mettait les généraux en garde contre l'attirance des forteresses en rappelant à ses contemporains l'exemple de 'Vercingétorix enfermé dans Alésia par un adversaire inférieur en nombre-.
Pour conduire ce genre de guerre où l'attaque est le mode normal de combat puisque même « une guerre de défensive ne peut être estimée, si l'offensive ne s'y trouve souvent mêlée "^ », il faut des chefs ardents et vigoureux et Folard, au cours de ses ouvrages, nousa donné plusieurs portraits du bon général ; les auteurs des manuels de tactique du xvin- siècle se croyaient toujours obligés de