‹ Le chevalier de Folard, 1669-1752Chapitre 186 sur 203 · Ibid., t. I, p. 2O · texte numérisé non relu

Ibid., t. I, p. 2O

publier la liste des qualités requises, mais Folard eut le talent d'échapper aux lieux communs et de borner sa nomenclature aux traits de caractère qui devenaient indispensables pour appliquer ses idées.

11 admettait que le général dût avoir un plan de guerre, mais son exécution n'était pas une simple affaire de volonté. Les circonstances pouvaient créer plus d'un obstacle et les ennemis avaient aussi des intentions contraires. L'occasion, disait Tacite, est la mère des grands événements; « se servir de l'occasion, ajoutait Folard, est une marque infaillible de l'habileté et du courage d'un général d'armée ^ ». Quant aux mouvements de l'adversaire, ils ne devaient pas absorber uniquement l'esprit du chef et, pour éviter de tomber dans la passivité des généraux timides, que Ion verra notamment au cours de la guerre de Sept Ans littéralement hypnotiséspar l'armée opposée dont ils finissent par subir la loi, Folard se rangeait à l'avis de Thémistocle qui mettait au premier rang des qualités militaires le talent « de savoir pressentir et prévoiries desseins de l'ennemi- ». Et le coup d'œil du champ de bataille, Folard se refusait à le considérer comme un don naturel : « On se trompe, nous avons tous le coup d'œil selon la portion d'esprit et de bon sens qu'il a plu à la Providence de nous départir » et, d'après lui, Philopœmen était le meilleur exemple du chef qui se met à la hauteur de sa tâche, en étudiant d'abord, en appliquant ensuite sur le terrain les théories de la guerre ^

Vivement combattu par la plupart de ses contemporains, Folard n'en exerça pas moins sur son siècle une influence considérable. Belle-Isle, en s'affirmant comme son protecteur, ne bénéficia pas seulement de l'enseignementacquisparla correspondance à peu près journalière

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