Ihid.^ vol. 1693, P- 2 {autographe de Folard
6. Cette façon d'aborder le grade de capitaine était la plus économique, car elle n'entraînait ni l'achat ni l'équipement d'une compagnie, et la solde personnelle subsistait, quoique moins forte que pour un capitaine ordinaire.
perfectionner dans le métier et me rendre un jour capable et utile. Je fais des expériences. Elle verra par cette machine ou ce radeau, que j'ai Thonneur de lui envoj^er, que je sais profiter de mon loisir lorsque je ne puis hasarder ma vie pour le service de mon maître que je servirai toute ma vie avec fidélité. Je joints {sic) à ce radeau, que j^'ai fait voir en bois à M. d'Avaray, des évolutions nouvelles. Je ne vous parle pas du fusil que j"ai inventé et que j'ai fait faire ici. Elle le verra dessiné dans mon Art des partis de guerre. Je suis si éloigné que je perds mes services et mon avancement; mais puisque c'est la volonté du Roy que je sois ici, j'y reste avec patience.
Signé :
DE FoLARD, lieutenant de Berri>
A plusieurs reprises Chamillart répondit de sa propre main à l'officier pour lui faire prendre patience, mais comme cette flatteuse protection demeurait platonique, Folard profita de la première occasion qui s'offrit pour retourner où Ton se battait.
Le marquis de Goesbriant venait d'être nommé maréchal de camp à larmée de Lombardie, que commandait le duc de Vendôme. Folard le supplia de l'emmener et, au commencement du printemps 1703, il arrivait avec son ancien colonel au camp de San Benedetto situé au sud de Mantoue sur la rive gauche du Pô, au confluent de la rivière Zéro.
Là, il fit l'expérience de ses radeaux de peaux de bouc en présence du marquis de Goesbriant et du comte d'xAngennes^ L'appareil, qui se composait de quatre outres gonflées et assemblées, devait porter un nombre égal d'hommes. Folard plein de confiance monta le premier; mais, s'il avait bien calculé le degré de chargement, il n'avait pas compté sur l'instabilité de ces outres légères. L"appareil capota et l'inventeur fut à l'eau. Tout de suite il comprit que l'accident était dû précisément à
I. Charles, comte d'Angennes, arrière-petit-fils de Jacques, seigneur de Poigny et descendant de François, seigneur de Rambouillet, favori de Catherine de Médicis. Il fut blessé à Oudenarde et tué à Malplaquet.
l'insuffisance de la charge. On fit alors monter quatre hommes et le radeau se comporta fort bien ^
Sur ces entrefaites il se produisit un incident qui mit le petit lieutenant de Berry en présence du duc de Vendôme dans les conditions les plus avantageuses pour sa carrière.
Tandis qu'à la fin de l'hiver il se rongeait les poings à Naples, Folard n'en était pas moins resté en contact avec ceux qui se battaient. 11 correspondait avec des camarades restés en Lombardie et un jour il apprit que les ennemis recevaient leurs vivres par mer, puis de là par le Pô. Ilss'étaient assurés, dans ce but, du poste de la Mesola qui commandait l'entrée du fleuve et d'où leurs chalands remontaient jusqu'à Ostiglia et Révéré. Bien instruit de la situation et de la faiblesse de ce dernier poste, Folard en proposa « l'insulte », selon l'expression alors consacrée pour désigner l'attaque d'une place par surprise. Mais son projet, quoique très clair, ne contenait que de grandes lignes, de peur qu'on ne désignât un autre officier pour diriger l'entreprise.
«Le mémoire fut envoyé à la Cour sans qu'on fît aucune mention de l'auteur, qui l'avait auparavant communiqué au marquis de Goesbnant et au chevalier de Carcado '^ »
Comme la réponse n'était point venue, M. de Goesbriant pensait que la proposition n'avait pas eu de succès et, lorsqu'il arriva en Lombardie, il ne songea même pas à en parler au duc de Vendôme.
Vers la même époque, on s'était ému au ministère de la guerre de l'encombrement des états-majors par des officiers dont les titres étaient parfois fort mal établis.
C'était, hélas ! le cas de Folard, et, au commencement de mai, le marquis de Goesbriant reçut l'ordre de renvoyer celui-ci à Naples. Désolé pour son protégé, le nouveau maréchal de camp en référa au duc de Vendôme qui voulut alors connaître le personnage; et Folard fut mandé au quartier général. Il se trouva en face d'un