‹ Le chevalier de Folard, 1669-1752Chapitre 24 sur 203 · Administration de la guerre, t. II, p · texte numérisé non relu

Administration de la guerre, t. II, p

supplanter, ne supportaient qu'avec jalousie toutes les tentatives de ce genre. De plus, la qualité de sujet du Pape créait à Folard de l'antagonisme à la fois de la part des officiers de régiment et de celle des Français spécialisés comme ingénieurs.

Il allait en sentir cruellement les effets dès la fin de cette campagne que le prince Eugène avait ouverte le 30 mai.

Le but principal des Impériaux était d'aller secourir le duc de Savoie à qui Vendôme préparait en Piémont une verte leçon, en rapport avec sa cynique trahison. C'est à l'occasion de cette campagne que Folard a tracé un intéressant parallèle entre le duc de Vendôme et le prince Eugène ^

« M. de Vendôme, dit-il ^, avait cet avantage sur le prince Eugène qu'il tirait de ses troupes tout ce qu'on pouvait attendre de la valeur la plus déterminée. Cette bonne volonté dans ses soldats, sa hardiesse à s'exposer lui-même dans les plus grands dangers, son sang-froid dans le malheur des siens, son habileté à les en tirer le portaient souvent aux desseins les plus extraordinaires et lui rendaient facile et aisé ce que les esprits communs et les courages médiocres regardaient comme insurmontable. Qualités admirables qu'on ne remarquait pas moins dans M. le prince Eugène ; ce qui augmentait la gloire de l'autre. »

Vendôme était doué en effet d'un coup d'œil extraordinaire. Folard affirme, pour l'avoir vu, qu'il conservait tout son jugement au milieu des plus grands périls et trouvait sur-]e-champ«lemoyende se tirer desaffaires les plus imprudemment engagées par sa négligence à prendre les devants nécessaires pour les faire réussir ». Ce qui ne l'empêchait pas, en certains cas, de « mettre en œuvre tout ce que la guerre a de plus grand et de plus achevé ».

Mais il ne prévoyait jamais que les lignes principales.

Quant au prince Eugène, sa manière était plus « suivie,

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