‹ Le chevalier de Folard, 1669-1752Chapitre 26 sur 203 · Polybe, t. V, p · texte numérisé non relu

Polybe, t. V, p

La Tour-Fraguier reçut ordre de se jeter dans la cassine avec une compagnie^ de la Marine à laquelle on adjoignit trois autres : Tune de Leuville. commandée par des Roches ; une autre de Bretagne sous les ordres de Martinot et une troisième d'Egrigny sous ceux de la Roque.

Folard ne mit qu'une heure à établir son pont avec un retranchement pour le protéger.

Pendant ce temps, La Tour-Fraguier avait pris ses dispositions à l'intérieur de la cassine, mais les créneaux, que l'on n'avait pas eu le temps de boucher, le rendaient fort perplexe.

Folard à cheval se multipliait, galopant sans cesse d'un point à un autre.

Enfin la nuit tomba, et l'on entendit alors du côté des ennemis des pas de chevaux et des roulements de chariots.

Un officier assurait que c'était un service de fourrage.

« Gardez-vous de croire cela, dit Folard. Ce que vous prenez pour des chariots n'est autre chose que du canon et vous pouvez compter que nous allons être attaqués tout à l'heure.

— Sur quelle herbe avez-vous marché? riposta l'officier, vous rêvez 1 Est-ce qu'on marche en si grand arroi pour une cassine qui ne vaut pas deux liards ?

— Dans peu, répliqua Folard, vous en aurez pour ce qu'elle vaut\ »

Déjà La Tour-Fraguier avait fait barricader la porte du fond de la cour avec un grand foudre à cuver le vin. Folard opina pour qu'on en fit autant à la porte donnant sur le canal. Après quoi on se disposa pour le combat, car on voyait maintenant des ombres se glisser dans les ténèbres et, à n'en pas douter, c'étaient les ennemis.

On avait posté la Roque avec une compagnie dans un colombier, à l'encoignure de l'enclos, d'où l'on commandait l'espace compris entre le canal et la cassine. 11 fallait monter six marches de pierre pour accéder au rez-de-

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