‹ Le chevalier de Folard, 1669-1752Chapitre 31 sur 203 · I. Mémoires du chevalier de Quincj, t. II, p · texte numérisé non relu

I. Mémoires du chevalier de Quincj, t. II, p

« Fourbe et rusé, vindicatif, injuste et d'autant plus caché dans ses mauvais desseins qu'il paraissait ouvert et libre dans ses paroles ^ »

Adroit et insinuant et très propre à se faire des amis par ses libéralités, Colmenero s'était acquis l'amitié du prince de Vaudemont, puis il avait gagné la confiance du duc de Vendôme qui voyait en lui un auxiliaire précieux grâce à sa connaissance parfaite du pays.

Colmenero se chargeait aussi de faire passer des espions à l'armée impériale ; et de plus fins que le duc de Vendôme s'y seraient laissé prendre tellement les rapports de ces gens étaient exacts et intéressants. On pense bien que c'était de la part de l'Espagnol une habile préparation destinée à lui assurer la crédulité de sa dupe au moment propice ; et ce résultat aurait été obtenu sans l'incorrigible paresse du grand-prieur qui, pour une fois, tira quelque avantage de son lamentable défaut.

Colmenero, d'accord avec le prince Eugène, cherchait à écarter le corps d'armée du grand-prieur du pont de Cassano. A cet efïet, il affirma au duc de Vendôme qu'il était très bien informé des projets de l'ennemi, que les Impériaux allaient tirer du côté du Crémonois et chercher à occuper avant nous le poste de Rivolta pour nous couper du Mantouan et en faire la conquête.

« C'est là, assurait-il, le projet que nourrit le prince Eugène et il se soucie peu de porter secours au duc de Savoie. Le meilleur parti à prendre est donc de donner à M. le grand-prieur l'ordre de marcher à Rivolta. Il nous suffira de le joindre sans hâte afin de ne point dégarnir TAdda en arrière, car les ennemis ont laissé en place leurs ancres et leurs cordages et il pourrait leur prendre l'envie de revenir tenter le passage à Paradiso-. »

1. Polybe, t. III, p. 524. Lorsque nos troupes eurent évacué l'Italie à la suite de la bataille de Turin, Colmenero ne dissimula plus et, ayant terminé son rôle, passa aux Impériaux qui lui conservèrent son grade dans leurs armées et lui donnèrent le gouvernement du château de Milan. Pour plus de détails voir Saint-Simon, t. IX, p. 179 et 180. Garnier, édit.

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