‹ Le chevalier de Folard, 1669-1752Chapitre 33 sur 203 · I. Polybe, t. III. p · texte numérisé non relu

I. Polybe, t. III. p

les événements, les plus imaginaires qu'ils puissent être. Ce que vous dites peut arriver, mais ne l'attendez pas pour cette fois-ci.

— Puisque vous ne rejetez pas les précautions, reprit Folard, je vous prie d'agréer que je fasse un pont sur le petit Ritorto. Il y en a un en pierre à notre gauche, mais ce n'est pas celui qu'il nous faut. Il me parait nécessaire d'en établir un sur le petit Ritorto, au-dessous de la Pandine. Nous sommes entassés les uns sur les autres dans un bassin fort resserré. Si nous étions attaqués, nous serions perdus, les bords du Ritorto étant entre nous. Un pont large de cent pieds nous donne une communication sûre en nous étendant sur la Pandine. L'ennemi se trouverait vu de flanc de ce côté-là, outre que ce poste nous assure le chemin de Rivolta ^ »

Les avis des généraux étaient partagés. Alors Folard courut au grand-prieur qui venait seulement de s'éveiller et qui se moqua de lui, mais l'autorisa pourtant à établir son pont sous condition de le rétrécir des trois quarts.

Folard s'y employa immédiatement ,'et ce passage, qui fut dénommé : pont de fascines, servit tout d'abord au grand-prieurpour gagner Rivolta, puis, dans la journée, il fut d'une grande utilité au cours de la bataille.

Cette besogne terminée, Folard partit à cheval en quête de ses équipages qu'on lui disait avoir été pris par les ennemis, ses valets ayant fait fausse route.

Il avait passé le pont de pierre sur le canal et s'était avancé au delà de deux cassines qui s'élevaient à peu de distance, gardées par nos avant-postes, lorsque soudain il se trouva en face d'une « grosse colonne d'infanterie fort serrée et dans un grand ordre ». Au même instant il en aperçut une autre à deux cents pas au delà, sur la même ligne. C'étaient les Impériaux!...

« Et tout cela, dit-il, s'approchait d'un mouvement lent et grave vers le G* Ritorto. » Aussitôt il tourna bride et galopa vers Cassano où il savait rencontrer le duc de Vendôme, arrivé de Paradiso depuis un moment.

Page 1