‹ Le chevalier de Folard, 1669-1752Chapitre 4 sur 203 · I. Musée Calvet, ms · texte numérisé non relu

I. Musée Calvet, ms

a. Aujourd'hui le lycée.

collège, installé dans le palais de Brancas avec le concours pécuniaire du conseil de ville, que Nicolas Folard avait fait ses-études. En tout cas, ses fils y furent placés à l'âge de dix ans^

Marguerite de Guay avait donné à son époux trois garçons et une fille, mais ces enfants eurent à peine le temps de connaître leur père -, car un mal héréditaire, implacable à cette époque, la pierre, guettait Nicolas Ce fut la dixième année aprèsson mariage que le malheureux homme se sentit mortellement atteint. Alors, le 26 avril 1638, sans s'eftrayer et sachant, selon sa propre expression, « qu'il n'y a rien de plus certain que la mort », il voulut disposer des biens qu'il avait plu à Dieu de lui donner « pendant que raison en lui dominait », afin qu'après son trépas «il n'y ait procès ou différends entre parents et amis '^ ». Selon la belle formule transcrite dans son testament, « il se munit premièrement du signe de la Sainte Croix disant : mnomine patris et fllii et spiritus sancti, amen; puis il recommanda son âme à Dieu, à la glorieuse Vierge Marie et à tous les Saints et Saintes du Paradis, afin que sa dite âme fût colloquée au rang des bienheureux... » Après quoi, en présence des témoins requis, il dicta à son notaire ses dernières volontés.

Sa veuve eut donc à présider de bonne heure à l'éducation de ses enfants ; mais par une anomalie singulière, cette femme d'excellente naissance s'efforça d'amoindrir la situation de ses deux premiers fils, Pierre et Jérôme, et « il ne tint pas à elle qu'ils n'embrassassent des professions peu honorables »\ L'explication de cette invraisemblable tendance se troave dans ce détail « qu'elle avait donné toute sa tendresse à ses deux derniers nés ° », Nicolas et Rose.

1. Et non point à Port-Royal comme on a pu récrire. La confusion sur ce point est née sans doute de Tintervention de Nicole et d'Arnauld, dont on trouvera le récit dans la suite (Musée Calvet, ms. 2130).

2. Jérôme, le cadet, qui doit retenir notre attention puisqu'il fut le père du chevalier et qu'il devint dans la suite chef de la branche aînée, était né en 1631, le jour de l'Ascension (Musée Calvet, ms. 2130).

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