‹ Le chevalier de Folard, 1669-1752Chapitre 41 sur 203 · Ibid. , p · texte numérisé non relu

Ibid. , p

Le choix du duc d'Orléans ne faisait point de doute et l'ordre suivant^ fut rédigé séance tenante :

Il est ordonné au sieur de- Folard, capitaine dans le régiment de Quercy, d'aller incessamment à Modène pour y servir en qualité d'ingénieur.

Donné au camp de San Benedetto, le 28 juillet 1706.

■ Philippe d'Orléans.

Folard demanda aussitôt « sur quel pied » il se trouverait vis-à-vis du gouverneur, puisqu'il n'était que simple capitaine. Il lui fut répondu qu'on lui « remettrait une lettre de Son Altesse Royale par laquelle on chargerait très expressément le gouverneur de la place de se conduire par ses conseils, au cas que la place fût assiégée, et de l'écouter comme un homme en qui le prince avait toute sorte de confiance ».

Folard, flatté et désolé tout à la fois, partit donc, convaincu d'ailleurs que le prince Eugène ne perdrait pas son temps devant Modène et irait tout droit secourir Turin, qui était en somme la clef de l'occupation française en Italie.

Ce fut de bon matin qu'il fit son entrée à Modène. Le palais ducal n'avait pas encore l'importance que lui a donnée au xix® siècle le dernier duc de Modène, mais le campanile (Torre Ghirlandina) pointait déjà sa flèche de 102 mètres au-dessus de la belle cathédrale, où l'on conservait comme un trophée insigne le vieux seau de bois (secchia^ que les habitants avaient enlevé aux Bolonais en 1323, au combat de Rapolino^.

•De bons remparts, coupés de quatre portes, ceinturaient puissamment la ville de leurs murailles et de leurs fossés, et la citadelle, qui se dressait au nord-ouest, assurait à la garnison, en cas de surprise, un asile imprenable.

Page 1