I. Polybe. t. III, p
la conduite du capitaine ingénieur et c'était vraisemblablement sans aménité que les Impériaux considéraient ce petit homme dont l'énergie avait failli les faire échouer devant Modène. Un propos déplacé de Wallis sur la nation française amena une verte et fière réplique de la part de Folard, et le colonel furieux menaça l'officier du cachots Mais l'affaire en resta là et Folard défila avec la garnison derrière le gouverneur qui s'appuyait pompeusement sur un « grand bâton de plus d'une toise de long - ».
Les Impériaux firent escorte à la colonne française jusqu'à une certaine distance, puis ils la laissèrent gagner seule Mantoue où l'on fut. paraît-il, bien étonné de la voir arriver.
Tout d'abord, M. de Bar fut mal reçu par le prince de Vaudemont dont le mécontentement parut augmenter encore lorsque Folard eut fait son rapport. Et puis, l'intrigue se mit dans l'affaire, grâce à un familier du prince que Folard, sans le nommer, présente comme un « petit poète sorti des montagnes d'Auvergne et ayant sollicité un brevet de colonel sans avoir jamais servi ».
C'était un de ces satellites intelligents, obséquieux et retors dont s'entouraient volontiers certainsgrands personnages, afin de pouvoir nouer par eux toutes les intrigues sans avoir à compromettre leur propre personnalité : avantage énorme au cas où l'affaire tournait mal.
« Cet homme, raconte Folard, fit en sorte que le prince m'ordonna de laisser cette affaire et de ne faire aucun bruit. J'eus l'honneur de lui répondre que j'avais écrit à la Cour. Mais mes gens, bien munis de finance, avaient pris de trop bonnes mesures. Ils trouvèrent de si bons appuis que, bien loin d'être puniscomme ils le méritaient, ils furent comblés de grâces. »
Quant au pauvre Folard, toujours destiné à se voir sacrifier, lorsqu'il rejoignit à Suse le régiment de Quercy,
1. Le chevalier de Quincy a raconté que la malveillance de Folard à l'égard du gouverneur était le résultat d'une vengeance, parce que M. de Bar avait fait mettre le petit capitaine au cachot. C'est en réalité M. de Wallis qui en menaça seulement Folard.