‹ Le chevalier de Folard, 1669-1752Chapitre 60 sur 203 · I. Polybe, t. III, p · texte numérisé non relu

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d'agir de concert avec moi dans la défense de la place et de tenir jusqu'au dernier homme de sa garnison ».

On le voit, Folard avait fini par soupçonner l'existence d'instructions secrètes, et en prenant soin de mettre hors de cause le duc d'Orléans, il indiquait finement à Chamillart qu'il avait bien discerné où il fallait chercher les responsabilités. Sa relation se terminait non moins habilement par des considérations sur l'honneur militaire, sur le devoir d'un gouverneur de ne point assumer seul la responsabilité d'une capitulation et de réunir un Conseil de guerre avant de prendre une décision. L'officier rappelait aussi, d'après les jurisconsultes militaires, « le droit des officiers de s'opposer aux actes qu'un gouverneur entreprendrait contre le service du Maître et contre ses ordres ».

Enfin, en soldat discipliné, Folard déclarait au ministre qu'il était prêt à lui obéir « en tout ce qu'il lui plairait d'ordonner touchant cette affaire ; mais qu'il suppliait très humblement Sa Grandeur de faire attention à ses services et de lui faire la grâce d'ordonner qu'il fût payé de ce qui lui était dû de ses appointements » K

Ce fut le duc de Vendôme lui-même qui se chargea de remettre le pli à M. de Chamillart. Le ministre parut satisfait et dit au prince que s'il n'avait pas demandé à Folard de venir se justifier, c'est qu'il était déjà convaincu de la mauvaise conduite du gouverneur. Il ajouta qu'il aurait soin du capitaine de Quercy et tâcherait de lui faire tout le bien possible « car cet officier, dit-il, le méritait au delà même de son pouvoir de ministre ».

«L'on a pu voir s'il tint sa parole, a écrit Folard avec une ironie un peu amère, et l'on verra un jour qu'il n'est pas le seul qui m'en ait manqué ^ »

I et 2. Polybe, t. III, p. 191.

CHxlPITRE VII

Campagne de 1708. — Intrigues pour le commandement de l'armée de Flandre qui échoit enfin au duc de Bourgogne et au duc de Vendôme.

— Désastreuse affaire d'Oudenarde. — Folard à l'île de Cassandt. — Il est ensuite chargé d'observer sous un déguisement les agissements de l'ennemi. — A son retour, il propose l'attaque de Lessingue. — Etonnante réussite de son projet. — On lui donne le gouvernement de la place. — Campagne de 1709. — Remplacement de Chamillart par Voysin. — Bataille de Malplaquet. — Ce que Folard en a vu.

Il est grièvement blessé mais continue dans sa convalescence à

élaborer divers projets militaires, — Voysin lui accorde une pension de 600 livres . — Le maréchal de Montesquiou retire à Folard le commandement de Lens. — Doléances de Folard au ministre. — Il vient à Paris, et après être tombé malade à l'auberge, reçoit de M. de Goesbriant l'hospitalité. — La campagne de 17 10 commence tardivement en avril à cause des pourparlers engagés avec l'Angleterre, puis avec les autres alliés. — Campagne de 1710. — Les fautes et la défaite du maréchal de Montesquiou, en dépit des avertissements réitérés de Folard sur la mauvaise position des troupes. — Le secours de Douai.

— Le maréchal de Villars s'avance dans une position dont Folard montre le danger, et l'armée est aussitôt ramenée en arrière. — Folard chargé d'une mission auprès de M. de Goesbriant est fait prisonnier.

D'abord brutalisé par les soldats, il est ensuite fort bien traité par

le prince Eugène qui s'efforce de se l'attacher. — Captivité du chevalier qui parvient à correspondre avec son ministre. — Bontés du duc de Bourgogne pour le prisonnier auquel il envoie quelques subsides.

Folard et M. de Pesters. — Folard recouvre enfin la liberté. —

Campagne de 1711. — Il est nommé gouverneur de Bourbourg. — Il est amoureux de Mlle Voilant et supplie le ministre de lui accorder un grade supérieur afin de ne point lui faire manquer ce mariage. — Mais ses démarches n'aboutissent pas. — Difficultés avec le colonel de Lostanges. — Campagne de 1712. — Mort de la duchesse et du duc de Bourgogne, puis du duc de Bretagne. — L'Angleterre traite avec la France. — Mort du duc de Vendôme. — Siège de Landrecies. — « Le chemin de Paris ». — Victoire de Denain. — Mépris déplacé de Montesquiou pour Folard. — Paix d'Utrecht. — Folard reçoit avis qu'il peut disposer de lui-même, mais que le Roi lui main tient la moitié de ses appointements de gouverneur de Bourbourg

L'année suivante (1708), Folard servit en Flandre et, « quoique cette province fût nouvelle pour lui, son génie militaire lui en fit promptement acquérir la connaissance^ ».

La campagne, hélas! s'annonçait mal. Les soldats de métier avaient quelque peu fondu, malgré les ménagements, et il devenait de plus en plus difficile de les remplacer, car dans toute la France le mécontentement augmentait en raison directe de la pauvreté.

Et puis, le commandement de l'armée donna lieu à d'ardentes intrigues et fut pour le Roi l'objet des plus grandes hésitations.

« Il faut la présence d'un prince du sang pour remonter le moral des troupes », assuraient les partisans du duc de Bourgogne. Mais celui-ci n'avait que vingt-six ans et fort peu d'expérience.

Alors Louis XIV prit un moyen qui paraît, avec le recul du temps, véritablement singulier, pour ne pas dire puéril. D'une armée, il en fit deux et donna l'une au duc de Bourgogne, l'autre au duc de Vendôme. C'était mettre inévitablement le premier sous la tutelle du second, avec le danger, grâce à cette situation équivoque, de voir s'élever de scandaleuses disputes et de ménager au plus jeune de cruelles humiliations. Ce fatal résultat se produisit d'ailleurs dès la première affaire, qui fut lamentable d'incohérence^, et amena la prise d'Oudenarde (11 juillet 1708).

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