Le duc de Bourgogne mourut en 1712. 3- T. V, p
bien me les fixer, puisque c'est le franc de Bruges qui doit me les payera »
Chamillart lui répondait le 27 décembre que « le Roi lui avait réglé cent francs d'appointements par mois tant qu'il serait à Lessingue ; qu'il lui était conseillé d'entretenir sa compagnie, signalée pour être en très mauvais état et qu'enfin il ne devait pas regarder son emploi à Lessingue comme un poste fixe- ».
Ainsi, tandis qu'il retranchait une place presque isolée et à la merci d'un coup de main des Impériaux, le malheureux officier, sans ressources personnelles et, non seulement mal remboursé de ses avances, mais peu payé de sa solde, devait encore veiller à l'entretien de sa compagnie au régiment de Quercy, qui allait prendre loin de lui ses quartiers d"hiver.
C'est que le désarroi se développait de plus en plus dans cette armée où les milices remplaçaient peu à peu les belles troupes qui faisaient, quelques années auparavant, l'orgueil du Roi Soleil et lui donnaient l'illusion qu'il était invincible.
A présent le grand drame royal et français entrait dans sa phase angoissante. Le royaume était dans la détresse, la famine sévissait et l'hiver très dur l'aggravait encore. Pour obtenirla paix le Grand Roi allait s'humilier devant ceux-là mêmes qu'il traitait jadis avec dédain ; mais l'arrogance maladroite des alliés arrêta sur la pente de la déchéance leur adversaire épuisé. Heinsius, Eugène et Marlborough, en imposant des conditions qui ne tendaient à rien moins qu'à la destruction de la France, provoquèrent cet événement admirable dans lequel on vit 1^ souverain, orgueilleux pour son royaume autant que pour soi-même, faire appel à son peuple, et celui-ci se dresser dans un suprême élan de patriotisme et d'énergie qui devait le sauver glorieusement.
Mais, comme toujours dans l'Histoire, les contemporains n'eurent point la notion de la grandeur de cette