Ihid, vol. 2468, p
période terrible où la France faillit sombrer. La vision d'ensemble, que le temps nous permet d'embrasser d'un coup d'œil, échappait à la plupart des gens, dont l'attention se trouvait accaparée par des détails immédiats.
C'est ainsi que nous voyons Folard, attentif au remplacement de Chamillart^ par Voysin-, écrire à ce dernier plusieurs lettres-^ qui ne reflètent aucune préoccupation d'ordre général*.
Sur ces entrefaites, Villars voyant les alliés se diriger sur Mons résolut de livrer bataille ; car derrière la ville menacée, c'était la France ouverte jusqu'à l'Oise.
Le choc eut lieu à Malplaquet^, entre Avesnes et Mons (il septembre 1709), sur un terrain qui présentait une originalité unique, semble-t-il, dans les guerres de ce temps. A gauche et à droite ; des bois percés de chemins, et au centre : une trouée que Villars fortifia, demeurant, contre bien des avis, en arrière de ce couloir où il voulait laisser l'ennemi s'engager.
Il a été formulé sur l'ensemble de cette action et sur la tactique de Villars des récits détaillés*^ et des critiques diverses. Saint-Simon, qui détestait Villars, s'est gardé de le ménager et a prétendu qu'après la blessure de celui-ci c'était à Boufflers' que l'armée devait de « s'être tirée
1. Déjà en 1708, Chamillart, surchargé par le cumul de la guerre et des finances, avait passé celles-ci à Desmarest. Mais en 1709, discrédité par Mme de Maintenon, il dut se démettre de toute fonction.
2. Voysin (Daniel-François), né en T654, mort le i»' février 1717. D'abord intendant de la maison de Saint-Cyr, il se fit remarquer par son application aux afi'aires, et Mme de Maintenon, qui en avait fait sa créature, le poussa au ministère de la guerre contre toute autre candidature.