Ministère de la guerre, vol. 2139, p
4. Saint-Simon d'ailleurs n'a pas ressenti, lui non plus, la grande angoisse qui nous étreint à l'évocation des cruels moments que traversèrent alors le Roi et la France,
3. Malplaquet est actuellement en France, département du Nord, à la frontière.
6. Voir notamment la Bataille de Malplaquet, par le capitaine Sautai.
7. Boufflers, il est vrai, a donné dans cette campagne un magnifique exemple de désintéressement et de dévouement. Quoique plus vieux de dix ans que Villars. il avait demandé au Roi de servir sous ce général
des précipices où le général en chef l'avait engagée ». C'est aux gens de métier qu'il convient de trancher cette question. Ce qui reste certain, c'est que la bataille de Malplaquet releva le moral des troupes et rendit confiance au pays, car si les Impériaux conservèrent le champ de bataille, leurs pertes furent considérables^ et le résultat est fortement exprimé par le mot de Villars au Roi : « Si Dieu nous fait la grâce de perdre encore une pareille bataille, Votre Majesté peut compter que ses ennemis sont détruits-. »
L'entrain de nos recrues fut aussi admirable que la solidité des vieux soldats, et Folard fut témoin d'un fait qui vient à Tappui de sa thèse sur l'emploi fréquent de la baïonnette. C'était à droite de la trouée, où des levées de terre abritaient l'infanterie que les officiers faisaient tirer en salve pour arrêter les Impériaux. Ceux-ci avançaient lentement et se trouvaient assez proches^.
« Alors, raconte le chevalier, nos soldats s'enjiuyant derrière le retranchement d'une défensive si fort opposée à leur humeur, sans prendre conseil que de leur courage et par une boutade digne de la nation.
en qualité de volontaire. « S'il arrivait malheur à Villars dans une bataille décisive, avait-il dit à Louis XIV, votre armée serait ruinée et la Jrrance avec elle. » Ce n'était pas très flatteur pour les autres généraux, mais c'était exact, tellement on pouvait redouter, dans un moment critique, les compétitions mesquines qui étaient à l'ordre du jour en dépit du danger que courait le pays. Boufflers connaissait bien ce triste état d'esprit. « Aucun de vos aides de camp n'exécutera vos ordres avec plus d'empressement ni plus de plaisir que moi, avait-il déclaré à Villars. » Et l'accord qui ne cessa de régner entre les deux maréchaux fit Tadmiration des troupes.
A Malplaquet, Boufflers commandait l'aile droite, et lorsque Villars fut blessé il prit le commandement en chef, au moment où le prince Eugène chargeait notre centre. Boufflers, malheureusement mal renseigné sur son aile gauche qu'il croyait battue, se contenta de repousser les Impériaux qui l'attaquaient, puis commença sa retraite.
1. Dix-sept mille Impériaux hors de combat, contre huit mille de notre côté. Il est vrai que l'armée des alliés comptait cent vingt mille hommes et la nôtre quatre-vingt mille.