‹ Le chevalier de Folard, 1669-1752Chapitre 65 sur 203 · Polybe, t. III. p · texte numérisé non relu

Polybe, t. III. p

sortirent tout d'un coup, tombèrent avec une telle furie sur les assaillants et les chargèrent si brusquement qu'ils les culbutèrent et les mirent en fuite avec un meurtre effroyable, et les poussèrent jusqu'à leur cavalerie. Si le général ou les officiers généraux qui commandaient en cet endroit-là avaient profité de cet avantage et fait suivre le reste de l'infanterie qui était en seconde ligne et plusieurs lignes de cavalerie à la tête desquelles était la Maison du Roi, qui crevait de dépit de voir des gens qui ne remuaient et n'agissaient pas plus que des statues, la journée était terminée, la victoire complète et décisive et la guerre finie ; la retraite de cette armée effroyable devenait une imagination car elle avait, sans qu'elle le sût, une rivière à dos, bordée de marais impraticables et la meilleure de nos places ^

« Q.u'on se détrompe de notre gauche ; elle était bien : car après avoir été chassée du bois, elle se trouva postée où elle eût dû être au commencement. »

Le chevalier n'est pas le seul qui ait formulé cette critique. Avec un peu d'audace on aurait bousculé complètement ces troupes qui, n'étant pas poussées, purent se reformer et fournir la violente attaque du centr^^ à la suite de laquelle Boufflers se décida à la retraite.

Celle-ci s'effectua d'ailleurs magnifiquement, avec toute l'artillerie et sans qu'on eût perdu un seul drapeau.

« En réalité, dit Folard à propos de cette dernière phase, ils (les Français) firent une méchante décharge et puis s'en allèrent. »

Et, fort de ce qu'il a vu ces choses lui-même, il ajoute "^ : « Je ne pense pas que qui que ce soit s'avise de trouver à dire dans ce récit ; je suis témoin oculaire. Ajoutez à cela qu'il y a peu d'officiers qui ne soient en état de décrire cette bataille. La raison de cela est que nous combattîmes sur un si petit front qu'on pouvait voir d'un coup d'œil de la droite à gauche. Aussi se rangea-t-on de part et d'autre sur plusieurs lignes redoublées, ce

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