Ministère de la guerre, vol. 2160, p
5. Pierre de Montesquiou, comte d'Artagnan, maréchal de France, né au château d'Armagnac en 1645, mort au Plessis-Picquet en 1725. Ce fut après Malplaquet qu'il prit le nom de Montesquiou. Il était très mal avec Villars et il indisposa parfois diverses personnes par ses manières hautaines (voir Hœffer, Saint-Simon, Duclos).
et nanti grâce à elle d'une pension de 600 livres, avait été désigné pour être envoyé à Lens en qualité de gouverneur, etdéjàilse réjouissait, quand Montesquiou, qui commandait alors en l'absence de Villars, lui retira brusquem^ent cette place.
Folard fit alors entendre ses doléances à Versailles ^ ; puis, ayant fini par découvrir la raison de sa disgrâce, il écrivit à Voysin le 6 décembre ^ :
Votre Grandeur me permettra, s'il lui plaît, de ne m'adresser jamais qu'à Elle, puisque je vois qu'il est dangereux de penser au contraire des projets de M. le maréchal [de Montesquieu].
Je n'ai eu en vue que le bien du service ; cependant, pour avoir parlé de la mauvaise position de la ligne de Valenciennes à la forêt de Mormal, M. le maréchal ayant été le premier à m'en parler, il ne l'a pas trouvé bon et m'a exclu du commandement qu'il m'avait donné après bien de la dépense et avoir resté ici par son ordre.
Voilà, Monseigneur, ce qui m'a attiré ce malheur qui m'a sensiblement touché et voilà tout ce que j'ai à me reprocher... •
Enfin le 18 décembre Folard se décide à venir luimême à Paris. Il se loge à l'hôtel Dauphin, rue des Petits- Champs, et il écrit au ministre qu'il attend ses ordres, « n'osant pas aller à Marly ^ ».
Le pauvre officier se sentait trop gueux sans doute. Et puis, s'il montrait dans les camps un aplomb imperturbable, rien ne l'avait préparé à l'étiquette de la Cour.
Malheureusement, à ne point se montrer il se fit oublier ; et quand il fut tardivement convoqué à la fin de janvier 1710 il venait de tomber malade.
Ce fut alors avec des accents de détresse qu'il fit appel à la protection de Voysin en le priant de remettre au Roi un placet \