Ibid, vol. 2270, p
Sur ces entrefaites, le bon et fidèle Goesbriant, devant l'état précaire du petit chevalier, offrit à celui-ci l'hospitalité dans sa demeure, rue Vivienne. Là, Folard put se rétablir et mettre au point un travail sur la défense des frontières de Flandre, qu"il communiqua au ministre au commencement d'avril fiyio). A la suite de cet entretien il reçut l'ordre de se rendre à Aire et d'envoyer de là un rapport sur la question qu'il venait de traitera
C'était le moment où les misères du peuple avaient amené Louis XIV aux suprêmes concessions. Gonflés d'orgueil, les Hollandais, en marchands ponctuels et rudes, exigeaient la cession de TAlsace et des conquêtes faites par la France depuis le traité des Pyrénées - et, pour comble d'humiliation, ils prétendaient imposer au Roi un délai de deux mois pour chasser d'Espagne son propre petit-fils.
Louis XIV, honteux mais toujours effrayé de la détresse générale, offrit un million par mois aux armées alliées pour se charger de la besogne, si cruelle pour lui. On refusa. Ce fut alors qu'il déclara : « Puisqu'il faut faire la guerre, j'aime mieux la faire à mes ennemis qu'à mes enfants. » Dans cette grande angoisse, les cœurs de tous les Français battirent à l'unisson avec celui du souverain et les armées s'assemblèrent.
Le maréchal de Montesquiou s'était établi derrière la Scarpe, près de Vitry-en-Artois, pour couvrir cette place. Or, Folard qui avait étudié ses dispositions les jugeait mauvaises, et ce fut à n"en pas douter avec un malin plaisir qu'il en avertit verbalement Voysin, lui assurant que les ennemis débusqueraient facilement le maréchal de son poste ^ On ne voulut pas ajouter foi à ses paroles, et le Roi lui-même, qui était présent à l'entretien chez le ministre, après avoir dit au chevalier qu'il était content de ses services et de son zèle, lui déclara tout net « que le maréchal de Montesquiou était bien posté et très en sûreté ».