‹ Le chevalier de Folard, 1669-1752Chapitre 69 sur 203 · Bibl. nat., Ln. 27, 7674, p · texte numérisé non relu

Bibl. nat., Ln. 27, 7674, p

Cette fois, malgré son aplomb, Folard n'osa pas répliquer,-« de peur de choquer le Roi », a-t-il dit, mais il ne put s'empêcher en s'en allant d'insinuer au ministre que «l'événement justifierait ses conjectures ».

Il n'eut pas longtemps à attendre.

Au commencement d'avril, l'armée des alliés s'étant assemblée à Formion, entre Lille et Tournai, on avait bien compris que Douai allait être son premier objectif et il semblait tout indiqué que, pour arrêter les Impériaux, on profitât des lignes de la Deule, fortifiées l'année précédente. Ce parti aurait forcé les ennemis à évoluer dans un pays accidenté, dangereux et couvert de marais.

Mais on avait eu beau faire remarquer ces avantages au maréchal de Montesquiou, rien ne lui avait fait abandonner son projet de se porter derrière la Scarpe.

Or, le 20 avril 17 lo les ennemis, stupéfaits et ravis de trouver les lignes de la Deule abandonnées, passent cette rivière à Pont-à-Ventin et tombent sur Montesquiou qui, «attaqué et battu tout en même temps »(22 avril;, perdit dans cette surprise une partie de ses équipages*.

Le lendemain, Douai était investi parle prince Eugène etMarlborough, les heureux collaborateurs de cette guerre épuisante.

« A cette nouvelle, raconte Folard % le maréchal de Villars assembla son armée sous Cambrai, résolu de marcher droit aux ennemis et de n'en pas faire à deux fois ; il le disait hautement et n'en faisait aucun mystère, ce qui me fit douter qu'il parlât tout de bon et que le sentiment delà Cour fût qu'il hasardât une bataille. J'avance ceci de mon chef et par conjecture, car je n'ai jamais pu découvrir si véritablement le maréchal avait ordre de ne rien faire ^ Ce qui me le ferait croire, c'est que la Cour appuyait

1. Bibl. nat., Ln. 27, 7674, p. 71! On fit des quolibets et une chanson dont le refrain se terminait par ; Montre ton q... iou.

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