Polybe, t. I, p
5. On remarquera que Folard est un des rares écrivains qui aient osé formuler si nettement ses soupçons. Ceux-ci viennent corroborer ce que nous avons déjà avancé au sujet du siège de Modène. Evidemment
beaucoup sur les conseils du maréchal de Berwick. Or le sentiment de celui-ci était de ne rien hasarder dans une conjoncture cependant où la vivacité était une trèsgrande sagesse. »
Quoi qu'il en fût, Villars marcha droit aux ennemis, passa la Scarpe à Arras, en plein jour, sans que les Impériaux, détail singulier, prissent l'éveil, et Tarmée entra dans la plaine disse ^ sur vingt colonnes, puis se mit en bataille, « la cavalerie sur les ailes et l'infanterie au centre ».
Seulement, un grand ravin qui séparait le terrain en deux rendait très difficiles les communications de nos troupes entre elles, et c'était là un inconvénient qui pouvait devenir un véritable danger si les ennemis s'apercevaient du parti qu'ils en pouvaient tirer. Car jusque-là nos mouvements avaient été masqués sur tout le centre parle renflement d'un coteau qui s'élevait en pente douce entre notre armée et celle des Impériaux.
Ceux-ci pourtant commençaient à s'agiter « mais, dit Folard, leur canon étant encore au parc^ on ne doit point douter qu'ils ne fussent surpris ». Ce détail fournit un trait piquant sur la guerre à cette époque, quand on sait d'autre part que les ailes des deux armées étaient déjà à « une petite portée de fusil »^ Tune de l'autre.
La gauche des Impériaux s'étendait jusqu'au village de Vitry, sur la Scarpe, et leur droite s'appuyait aux marais du canal de Lens \ Quant à l'ordre de leurs troupes, il est
la preuve matérielle d'ordres de ce genre ne saurait être établie positivement, mais les faits, leurs détails et les soupçons mêmes du chevalier constituent de fortes présomptions.