Soit une distance de 8 à 9 kilomètres
fort bien décrit par Folard qui l'observa longuement du haut d'une éminence, d'où il découvrait tout le pays, et il donne la notion nette des formations alors en usage. Car Folard commence par dire : « On peut bien juger qu'il n'y avait rien de fort nouveau i. Ils se rangèrent sur deux lignes et une grosse réserve, la cavalerie sur deux ailes, l'infanterie au centre. L'une et l'autre avaient en front une ligne de redans ^ qu'ils avaient tirés d'espace en espace, traversant la plaine de leur droite à leur gauche. Le moindre de ces redans était capable de contenir un bon bataillon. »
De si importants travaux inquiétèrent longtemps, paraît-il, le maréchal de Villars, mais en réalité ils "n'étaient pas achevés.
Cependant, tandis que les ennemis se livraient à de nombreux mouvements tout le long de leur ligne, nos troupes demeuraient sur place, et la nuit vint sans que la moindre action eût été commencée.
Pourtant Folard prétend qu'une attaque immédiate aurait dégagé Douai. En revanche, il voyait bien à quel danger on exposait l'armée à la laisser à cheval sur ce maudit ravin, et toute sa crainte était d'entendre au petit jour la mousqueterie des Impériaux. Mais ceux-ci ne quittèrent point leurs lignes quoique la gauche de l'armée . française fût à leur merci. Seulement ils pouvaient d'un instant à l'autre s'apercevoir de cet avantage et en profiter. Folard dit alors à M. de Goesbriant et à M. de Mau- ; vrier « qu'ils feraient bien d'ordonner qu'on chargeât I leurs bagages, parce qu'il allait faire décamper l'armée ». I Comme ces officiers supérieurs étaient de vieux amis de ! Folard et que celui-ci les traitait familièrement, ils crurent que c'était là une de ces boutades dont le petit capitaine était coutumier. Mais en quelques mots il leur donna ises raisons, et tous deux convaincus s'occupèrent alors de leurs équipages, tandis que le chevalier gagnait rapidement le ravin au bord duquel était logé le maréchal de