‹ Le chevalier de Folard, 1669-1752Chapitre 78 sur 203 · Saint-Simon, t. XVI. p · texte numérisé non relu

Saint-Simon, t. XVI. p

3. Le regrat, qui comprenait le sel, les grains, le charbon, consistait en une vente de seconde main, soumise à une concession du Roi. Ce que Folard sollicitait correspondait à peu près à la demande d'un bureau de tabac de nos jours.

sujet de plaintes dans tout le royaume, devaient être précisément abolis dès les premiers jour"s de février, et la requête du pauvre Folard demeura sans objet. Il est probable pourtant qu'il reçut quelques subsides du ministre qui l'employa aussitôt.

Mais si les succès de Vendôme en Espagne ^ avaient, comme un rayon de soleil à travers tant de brumes, réchauffé les cœurs français, ils n'avaient pas amélioré nos finances au point de permettre des largesses, et le chevalier se vit encore promptement à bout de ressources.

Véritablement, Monseigneur, écrivait-il au ministre 2, je suis hors d'état de fournir à tant de vo3'ages et à tout ce qu"on me fait faire, et j'attends les intentions de Votre Grandeur sur mes affaires, ne pouvant plus me soutenir sans subsistance, ni servir sans caractère.

Mais, hélas I ce n'était pas le moment des largesses. Pourtant une réelle détente se manifestait du côté de l'Angleterre; et son agent secret, l'abbé Gaultier^, avait engagé dès le mois de janvier 171 1 des pourparlers avec Torcy^; mais ce n'étaient là que des prodromes bien aléatoires et

1 . Philippe V, après avoir essuyé plusieurs revers, réduit à ses propres forces mais soutenu par la plus grande partie de l'Espagne, avait pu rassembler encore vingt-cinq mille hommes. Il avait alors demandé à son aïeul Louis XIV, de lui envoyer le duc de Vendôme, disgracié depuis la prise d'Oudenarde. La présence de ce général changea du jour au lendemain la face des choses. Charles III, harcelé, dut évacuer Madrid ; et son armée, que commandait Staremberg, fut entièrement défaite à Villa-Viciosa. A la fin de la campagne les alliés étaient virtuellement chassés d'Espagne.

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