Arch. de Malte, vol. 1230, non numéré
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de Folard de l'Ordre de Saint-Louis. Ils ont réussi à déterminer cet homme à partir pour Malte. Je peux vous assurer, Monseigneur, que vous ferez dans ce digne sujet une acquisition très heureuse ^
Quant à Folard, sitôt l'affaire conclue, il avait rédigé un de ces mémoires dont il était coutumier, dans lequel il énumérait « les munitions de guerre et de bouche estimées nécessaires pour soutenir un siège dans l'île de Malte, supposé que ce siège fût de la durée de six mois 2 ».
Le commandeur de Perrot avait expédié ce mémoire le i^ novembre en l'accompagnant d'un projet financier qui le complétait assez curieusement.
C'était la proposition de contracter un emprunt chez un juif nommé Lazare Sacerdott, « homme très puissant qui dans les occasions les plus pressantes faisait l'entreprise et réussissait à fournir la Cour de France des choses telles qu'on pouvait l'imaginer ».
Enfin le commandeur proposait le moyen « de faire sortir des troupes de France avec prudence et sans bruit, parce que Sa Majesté Très-Chrétienne ne voulait pas rompre trop brusquement son amitié avec le Grand- Seigneur-^ ».
Car le grand-maître ne s'était pas contenté de solliciter de Louis XIV un congé pour tous les chevaliers de Malte de son royaume, il avait aussi demandé des armes, des munitions et enfin des soldats lorsque le danger s'était précisé. Mais tout d'abord, il avait fallu obtenir l'autorisa-
I. Cette lettre était accompagnée d'un procès-verbal de la réunion des chevaliers de Malte, qui eut lieu le 10 novembre à Paris «en l'hôtel du vénérable chevalier de Bandeville, grand-prieur de Champagne». Les termes en étaient des plus flatteurs pour Folard dont « le mérite et la capacité » étaient prônés à « l'unanimité ». Les signataires, qui entre autres résolutions prenaient solennellement celle de se dévouer sans réserve pour l'Ordre, étaient : le grand-prieur de Champagne Bandeville, le bailli de Mesmes. le commandeur Briconnet, le commandeur de Fresnoy, les chevaliers de Gramont. de Saint-Germain, le Tellier, de Chateaulis, de Valleron, de Thiersanville, de Balincourt Hédouville, de Saint Génies, Bossy, de Broglie, de la Roche-Verrassas, de Lantin, de Laubes pin, de Gondin, de Francières (Arch. de Malte, vol. 1230, non numéré)
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tion pour le grand-prieur de quitter Lyon, où il avait été relégué en disgrâce.
Dès le 28 septembre 1714, don Perrelos avait donc adressé à Louis XIV une supplique en règle S dans laquelle « l'ordre de Malte suppliait le Roi d'accorder au chevalier de Vendôme son retour à Paris, son éloignement causant un retard infini dans les affaires de la religion et sa présence étant nécessaire pour le départ des commandeurs et chevaliers, et aussi pour que lui-même puisse se mettre en état de se rendre à Malte suivant les ordres du grand-maître ».
L'honnête et rigide Perrelos ne soupçonnait pas alors quels mécomptes lui ménageait sa ponctuelle insistance.
Louis XIV ne se rendit aux sollicitations du grandmaître que pour autoriser le départ du chevalier de Vendôme, mais il refusa de le voir et lui défendit même de s'approcher de Paris.
Par contre, du côté des ingénieurs, les négociations s'annonçaient sous de meilleurs auspices et le concours certain de Folard remplissait don Perrelos de joie et de confiance.
« Assurez M. de Folard de notre part, écrivait-il à son nouvel ambassadeur, le bailli de Mesmes ^, que nous avons conçu pour lui une estime particulière et que nous aurons beaucoup de plaisir de le voir ici, et dites-lui qu'il y vienne le plus tôt qui se pourra. Nous donnons des ordres au receveur pour lui fournir ce qui sera convenable pour son voyage. »
On le voit, dans toute cette affaire c'est Folard qui demeure le personnage en vedette; il devient même l'objet d'une telle attention de la part du grand-maître que celui-ci expédie une correspondance spéciale afin que tout le monde sur la route soit aux petits soins pour le précieux ingénieur dont les capacités allaient faire échec, à n'en pasdouter, aux plus terribles efforts des infidèles^.