Ibid, f
envoyé du monde et des armes ; et Ton peut se figurer quel mouvement créaient dans la ville et dans l'île tout entière ces débarquements incessants d'hommes et de matériel de guerre.
Les « auberges » regorgeaient, et ici il faut observer avec le duc de Luynes^ que ce qu'on appelait ainsi à Malte ne ressemblait pas à ce qui portait ce nom en France.
« Il y a une auberge pour chaque langue de l'Ordre ; mais ces sortes d'auberges sont tenues par un chevalier qui désire de parvenir à une commanderie.
« Le chevalier qui tient l'auberge est obligé de nourrir les chevaliers moyennant une certaine somme par tête, qui lui est payée par le trésor de l'Ordre... Il doit leur faire donner pour cela, le matin un potage et un plat bouilli avec quelques fruits et des petits fromages à la crème qui viennent de Sicile ou de l'île du Goze^, et le soir un morceau de rôti avec le même dessert. Il y a certains jours de fête où l'on donne une entrée de plus. Ils mangent par quatre à une table de réfectoire ; mais il y a outre cela six des plus anciens chevaliers qui mangent dans la même salle avec celui qui tient l'auberge. Cette table, qui est de sept personnes, est meilleure que celle des chevaliers.
« Il y a plusieurs entrées, et celui qui tient l'auberge envoie souvent de la desserte de cette table aux chevaliers qui sont dans cette même salle, ce qui fait que lorsque quelqu'un de ces six chevaliers met à part quelques pigeons^ pour envoyer à leurs maîtresses, cela est désapprouvé par les jeunes chevaliers.
« 11 est certain qu'il en coûte à celui qui tient l'auberge, mais aussi la première commanderie ou dignité qui vient à vaquer lui appartient de droit. »
Il est probable que les officiers et les ingénieurs fran-